Airbus se redit pour des boîtes noires éjectables après Egyptair

mercredi 1 juin 2016 02h29
 

HAMBOURG, 1er juin (Reuters) - Le crash de l'avion de la compagnie aérienne EgyptAir, dont les enregistreurs n'ont toujours pas été retrouvés, milite en faveur de "boîtes noires" capables d'être éjectées avant un accident, estime Charles Champion, vice-président d'Airbus pour l'ingénierie.

Des enregistreurs éjectables (ou "déployables") se sépareraient de la queue de l'avion lors de la dislocation de l'appareil pour aller flotter à la surface de la mer en émettant un signal de détresse.

La recherche des enregistreurs de vol de l'Airbus A320 d'Egyptair qui s'est abîmé en Méditerranée le 19 mai dernier avec 66 personnes à bord s'effectuent dans des eaux dont la profondeur peut atteindre 3.000 mètres.

Les "boîtes noires" sont conçues pour émettre des signaux acoustiques pendant 30 jours après une catastrophe. Les équipes de recherche ont désormais moins de trois semaines les repérer.

"Si nous avons un enregistreur déployable (éjectable), il sera beaucoup plus facile à trouver", a déclaré Charles Champion lors d'une rencontre avec la presse. "Nous y travaillons".

Recommandée par les enquêteurs après le crash d'un A330 d'Air France en 2009, l'idée a ressurgi après la disparition du vol 370 de Malaysia Airlines en mars 2014.

L'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a demandé à ce que les données clés d'un vol soient récupérables "en temps utile" sur les avions livrés après 2021.

Mais la façon d'atteindre cet objectif sera laissée au choix des compagnies aériennes et des constructeurs aéronautiques, qui pourront utiliser des enregistreurs éjectables ou tout autre moyen technique.

Les enregistreurs éjectables sont depuis longtemps utilisés dans l'armée. Mais certains ont exprimé des doutes sur leur utilisation sur les avions civils, faisant valoir qu'ils pourraient se déployer de façon accidentelle et constituer une nouvelle source de risque. (Tim Hepher; Danielle Rouquié pour le service français)