LEAD 1-Honeywell renonce à tenter de racheter United Tech

mardi 1 mars 2016 16h37
 

(Actualisé avec contexte et cours)

1er mars (Reuters) - L'équipementier aéronautique américain Honeywell International a annoncé mardi l'abandon de son offre de 90,7 milliards de dollars (83,7 milliards d'euros) sur son concurrent United Technologies, prenant ainsi acte du refus de sa cible d'engager des négociations.

United Technologies a rejeté vendredi dernier l'offre d'Honeywell International, estimant qu'elle le sous-évaluait grossièrement, qu'elle surestimait les synergies potentielles d'une alliance éventuelle et qu'il serait "irresponsable" vis-à-vis de ses actionnaires de poursuivre une alliance appelée selon lui à être bloquée "sur le champ" par les autorités de la concurrence.

Honeywell a réfuté ces arguments mardi, jugeant au contraire que la procédure réglementaire n'aurait pas représenté un obstacle insurmontable à la réalisation d'une alliance créatrice de valeur pour les actionnaires des deux entreprises.

United Tech, qui possède entre autre le constructeur de réacteurs d'avions Pratt & Whitney, les climatiseurs Carrier et les ascenseurs Otis, n'a pas commenté ces déclarations dans l'immédiat.

Un rapprochement des deux groupes créerait un géant industriel affichant un chiffre d'affaires de près de 100 milliards de dollars, qui serait entre autres l'un des principaux fournisseurs d'Airbus et de Boeing.

Ces derniers n'ont d'ailleurs pas caché leur réticence face à la perspective d'un tel mariage: le président d'Airbus, Tom Enders, a estimé qu'une telle opération ne servirait pas les intérêts du groupe européen tandis que Boeing jugeait d'une importance "vitale" la concurrence au sein de sa chaîne d'approvisionnement.

A Wall Street, l'action Honeywell gagnait 2,67% à 104,06 dollars vers 15h30 GMT tandis qu'United Tech perdait 2,53% à 94,18 dollars.

Le titre United Tech a gagné environ 10% depuis le 19 février, la dernière séance avant les premières informations sur les pourparlers entre les deux groupes.

(Ankit Ajmera, Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le service français)