France-Les progrès liés aux réformes restent limités, selon l'UE

vendredi 26 février 2016 18h33
 

PARIS, 26 février (Reuters) - Les réformes mises en oeuvre par la France pour améliorer sa situation économique se sont majoritairement soldées par des progrès limités, notamment sur le marché du travail et la gestion de la dette publique, souligne un rapport publié vendredi par la Commission européenne.

Présenté comme "un document de travail des services de la Commission" ne préjugeant pas de la position officielle de l'exécutif européen lors des futures discussions avec Paris, ce rapport d'une centaine de pages dresse le bilan des difficultés économiques de la France et de ses progrès par rapport aux recommandations définies par la CE l'an dernier.

Le fonctionnement du marché du travail, qui "demeure peu satisfaisant" et "reste segmenté", constitue l'un des points noirs relevés par les services de la Commission, parallèlement à un accroissement des inégalités en matière d'éducation au cours de la décennie écoulée.

"Les demandeurs d'emploi ne se voient offrir qu'un accès limité à la formation; la possibilité pour les travailleurs peu qualifiés de suivre un apprentissage diminue et les résultats des jeunes en difficulté scolaires sont en baisse", peut-on lire dans ce document.

Le taux de chômage, à 10,5% en 2015, "est une conséquence indirecte des déséquilibres dont souffre la France" et "ne devrait pas diminuer à court terme", préviennent les auteurs du rapport, en qualifiant de "déterminantes" la mise en oeuvre de la réforme annoncée du code du travail et celle du système d'assurance chômage.

Le niveau élevé de la dette publique constitue un autre motif de déception pour les services de l'exécutif européen, qui estiment qu'elle "pourrait constituer une source de risques non négligeables pour l'avenir".

"Des efforts d'assainissement importants devront être consentis dans les prochaines années pour réduire le déficit et le niveau élevé de la dette publique", relèvent-ils, en rappelant que depuis le début de la crise, la France a été plus lente que le reste de la zone euro dans la réduction de son déficit.

Ce rapport décerne malgré tout quelques bons points à la France, estimant que des "progrès substantiels" ont été enregistrés l'an dernier sur la soutenabilité à long terme des régimes de retraite complémentaire et dans la mise en oeuvre de mesures visant à réduire le coût du travail, notamment dans le cadre du pacte de responsabilité.

"Comme la reprise dans l'UE reste fragile, la Commission encourage les États membres à continuer à réformer leurs économies et à remédier aux déséquilibres macroéconomiques persistants", note le commissaire chargé des Affaires économiques et sociales, le Français Pierre Moscovici, dans un communiqué accompagnant le rapport.

Outre la France, dix-sept autres Etats membres ont fait l'objet d'un tel rapport. (Myriam Rivet, édité par Yann Le Guernigou)