Carney (BoE) exclut des taux négatifs pour stimuler l'économie

mardi 23 février 2016 14h06
 

par Ana Nicolaci da Costa et William Schomberg

LONDRES, 23 février (Reuters) - Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) a écarté mardi l'hypothèse des taux négatifs et a affirmé que la banque centrale ne manquait pas de possibilités pour stimuler l'économie britannique si le besoin s'en faisait sentir.

Mark Carney a certes dit qu'il était vraisemblable que les taux d'intérêt étaient appelés à remonter, alors qu'ils sont actuellement à un plus bas sans précédent de 0,5%, mais il a également attiré l'attention sur une intensification des risques dans les marchés émergents et ajouté qu'il n'y avait pas d'orientation intangible de la politique monétaire.

"Si nous nous trouvions dans une situation où il s'avèrerait nécessaire de stimuler à nouveau l'économie (...) nous pourrions réduire les taux et les orienter vers zéro; nous pourrions acheter encore plus d'actifs, de diverses catégories", a-t-il expliqué mardi à des parlementaires.

"Nous pourrions également établir les conditions d'un ajustement de l'horizon de la politique monétaire, en d'autres termes rétrécir le délai à l'issue duquel nous voudrions avoir porté l'inflation vers notre objectif."

Mais quoi qu'il soit, il serait hors de question de s'aligner sur la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon (BoJ), entre autres instituts d'émission, et adopter des taux négatifs pour juguler la menace déflationniste.

"Je tiens à le souligner à nouveau: nous n'avons aucunement l'intention de le faire, et n'y voyons aucun intérêt", a tranché Mark Carney.

La livre sterling, qui s'est déjà affaiblie depuis le week-end en raison des craintes liées à une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, a fléchi contre le dollar à mesure que le gouverneur de la BoE s'exprimait.

Ce dernier a également dit que la BoE préparait des plans d'urgence dans la perspective du référendum du 23 juin sur la question du maintien ou pas de la Grande-Bretagne au sein de l'UE.

"Nous traitons ce scrutin exactement comme nous traitons tout autre événement politique: nous ne formulons aucun jugement sur son issue et supposons le maintien du statu quo", a-t-il dit. "J'observe toutefois qu'il y a eu des mouvements sur le sterling depuis qu'on connaît la date du référendum."

Prié de dire comment la BoE réagirait au choc que subirait le sterling si Londres quittait l'UE, Carney a répondu qu'il faudrait prendre en compte non seulement l'amplitude du choc mais également sa durée. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Bertrand Boucey)