Genfit en retard sur Intercept mais vante un meilleur produit

lundi 22 février 2016 14h31
 

PARIS, 22 février (Reuters) - Genfit estime avoir un retard d'environ quatre mois sur Intercept, son principal concurrent dans le traitement contre la NASH, une maladie hépatique, déclare son président du directoire dans un entretien au magazine Le Revenu publié lundi, tout en soulignant le potentiel de son propre produit.

Genfit a annoncé le 11 février que l'essai clinique de phase 2b avait montré que son traitement Elafibranor était sûr et était "bien toléré" par les patients, à la suite de résultats publiés dans une revue spécialisée.

"La biotech américaine Intercept a commencé à recruter des patients pour sa phase III dans la NASH en novembre dernier. Nous avons donc pour l'instant un léger retard, d'environ quatre mois, que nous pourrions rattraper puisque nous avons l'avantage de n'avoir que deux bras (deux groupes, NDLR) pour notre essai de phase III", déclare Jean-François Mouney au Revenu.

Le dirigeant indique que les premiers patients de la phase III devraient être recrutés d'ici fin mars, précisant que leur nombre devrait être d'environ 1.800, traités et suivis pendant 72 semaines.

"Nous estimons par ailleurs que le profil d'efficacité d'Elafibranor - notamment avec les nouveaux critères de la FDA - comme son profil de sécurité et sa tolérabilité sont meilleurs que ceux du produit d'Intercept, OCA", considère Jean-François Mouney.

"D'autres acteurs ont lancé des développements dans la NASH, dont Novo-Nordisk, Gilead Sciences ou encore Tobira, dont certains semblent avoir des molécules intéressantes à ce stade. Mais nous pensons avoir au moins trois ans d'avance sur eux au plan du développement clinique."

Interrogé sur le financement de cet essai clinique, dont le coût est estimé à environ 150 millions d'euros, Jean-François Mouney dit souhaiter éviter de céder l'intégralité des droits d'Elafibranor à un tiers pour ne pas exclure Genfit du pilotage de la phase III et du futur du développement d'Elafibranor, et rappelle que Genfit disposait de 60 millions d'euros de trésorerie à fin 2015.

"Ce que nous souhaitons, et ce à quoi nous travaillons en priorité, serait un financement mixant d'une part augmentation(s) de capital et, d'autre part, partenariat(s) avec un ou des groupes pharmaceutiques à qui nous céderions des droits commerciaux sur certains territoires, moyennant finance", dit-il.

L'an dernier, Jean-François Mouney avait fait savoir que Genfit avait été approché par des entreprises du secteur pharmaceutique en vue d'un possible partenariat, et s'était même dit prêt à ouvrir ses livres de comptes en vue d'une ouverture du capital de la société. (Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique Rodriguez)