GM menace d'annuler un investissement de $1,6 md au Brésil

dimanche 21 février 2016 18h38
 

SAO PAULO, 21 février (Reuters) - General Motors pourrait annuler un projet de nouvel investissement au Brésil si la situation économique et politique de ce pays ne s'améliore pas, déclare Dan Amman, le président du conseil d'administration du groupe, dans une interview publiée dimanche.

"J'espère voir des avancées politiques et économiques dans les six à 12 prochains mois, ce qui nous permettrait de maintenir notre plan d'investissement", a-t-il dit au journal Estado de S.Paulo.

Sinon, GM "réévaluera" son projet, ajoute-t-il.

Le constructeur automobile américain avait annoncé l'an dernier son intention d'investir 6,5 milliards de réais (1,62 milliard de dollars ou 1,45 milliard d'euros) dans de nouveaux produits et progrès technologies au Brésil d'ici 2019.

La récession a depuis durement touché le Brésil, qui était jusqu'il y a peu le cinquième marché automobile du monde. La production de voitures et de camions y a chuté de 29,3% en janvier par rapport au même mois de 2015, tombant à son plus faible niveau depuis 2003, et les ventes de voitures y ont plongé de 39% à 155.300 unités, le total mensuel le plus bas depuis près de neuf ans, selon l'Anfavea, l'association nationale des constructeurs.

Un tiers des quelque 130.000 travailleurs du secteur sont en chômage technique ou sous-employés, les constructeurs ayant du mal à réduire leurs capacités sans procéder à des licenciements plus coûteux.

Dans la même interview, le président de GM pour l'Amérique latine, Barry Engle, estime que le Brésil doit rapidement revoir sa fiscalité, son droit du travail et sa réglementation car le pays manque selon lui "terriblement de compétitivité".

Dan Amman précise qu'il est trop tôt pour dire si GM fermera une ou plusieurs de ses cinq usines brésiliennes, dont deux produisent des composants pour les véhicules assemblés par les trois autres.

GM continue de considérer le Brésil comme un marché qui présente un fort potentiel à long terme, mais il faudra un "grand changement" pour réaliser ce potentiel, ajoute-t-il en faisant aussi allusion à la crise politique en cours avec une procédure de destitution visant la présidente Dilma Rousseff.

"La question importante est de savoir quand on retrouvera la stabilité nous permettant de continuer d'investir. Nous sommes inquiets car l'environnement est instable et les perspectives sont incertaines pour les prochaines années", explique Dan Amman.

"L'Argentine a montré que la situation pouvait rapidement évoluer avec une bonne gouvernance de l'économie", ajoute-t-il en faisant référence au retour de la confiance des investisseurs dans ce pays après l'arrivée au pouvoir du président Mauricio Macri, élu en novembre sur un programme libéral. (Anthony Boadle, Véronique Tison pour le service français)