Dijsselbloem prudent sur la baisse du risque souverain bancaire

jeudi 18 février 2016 13h20
 

BRUXELLES, 18 février (Reuters) - Les banques doivent diminuer leur exposition à la dette souveraine mais ne peuvent le faire que progressivement, a estimé jeudi Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro.

La plupart des emprunts d'Etat, considérés a priori comme sûrs, sont dispensés des restrictions imposées aux banques en matière d'exposition au risque, notamment pour les dettes des entreprises et des ménages.

Ce statut privilégié permet aux Etats de se financer à des conditions avantageuses mais on lui a reproché, durant la crise de la dette de la zone euro, de créer un cercle vicieux entre les Etats et les banques.

L'Allemagne veut rompre ce lien qui peut être fatidique mais des pays tels que l'Italie, dont la dette publique est énorme, redoutent les répercussions d'une telle démarche sur leurs coûts d'emprunt et leur système bancaire.

"Si nous trouvons un terrain d'entente sur la manière de gérer ce risque, il doit s'agir d'une approche progressive", a dit Jeroen Dijsselbloem à la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen. "On ne peut pas demander aux banques qui ont été structurées d'une certaine manière de s'occuper de ça dans un délai extrêmement court".

Il a ajouté que les discussions sur cette question devraient évoluer de concert avec celles portant sur le principe d'une garantie européenne commune pour les dépôts bancaires, troisième et ultime pilier d'une union bancaire européenne reposant déjà sur une supervision unique et un mécanisme commun de liquidation.

Ce troisième pilier pose problème à l'Allemagne, qui ne veut pas en entendre parler tant que les banques ne seront pas jugées plus saines.

La Commission européenne a fait part en novembre de son intention de proposer des mesures permettant aux banques de réduire le risque souverain.

(Francesco Guarascio, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par)