La Chine lance un géant du maritime face à la crise du secteur

jeudi 18 février 2016 12h32
 

par Brenda Goh

SHANGHAI, 18 février (Reuters) - En créant un nouveau géant du transport maritime, la Chine lance un défi aux leaders AP Moller Maersk et Mitsui O.S.L. Lines, mais les analystes estiment que le mastodonte chinois doit réduire ses effectifs et son carnet de commandes s'il veut résister à l'une des pires crises de l'histoire du secteur.

Issu de la fusion des deux anciens concurrents China Ocean Shipping (Group) Company et China Shipping Group , China Cosco Shipping Corporation (COSCOCS) possèdera l'une des plus importantes flottes de vraquiers, de porte-conteneurs et de tankers au monde.

Mais sa création coïncide avec l'une des périodes les plus noires du transport maritime, engagé dans la plus longue récession de ses 30 dernières années.

Selon les prévisions du cabinet d'études spécialisé Drewry, les armateurs devraient accuser une perte globale de cinq milliards de dollars (4,49 milliards d'euros) cette année à cause de la faiblesse des tarifs et des volumes et de la hausse des charges d'exploitation.

"Peu de compagnies maritimes sont actuellement en mesure de faire face aux difficultés du moment. Peut-être que le premier défi consiste à faire maigrir la nouvelle entité issue de la fusion. Sans cela, elle va continuer à perdre de l'argent à un rythme plus rapide", dit l'analyste Charles De Trenck.

Ces armateurs sont déficitaires depuis des années, depuis que la crise financière a mis fin au boom du fret maritime, les navires commandés avant le retournement baissier ayant créé une situation de surcapacités et ramené les tarifs à des plus bas sans précédent.

Lors de la cérémonie de lancement de COSCOCS, le président de la compagnie Xu Lirong, qui a reconnu que le secteur traversait sa plus forte crise depuis 2008, a affirmé que les fusions étaient la solution.

Toutefois, a-t-il dit, COSCOCS a fait savoir à ses salariés qu'il n'y aurait ni réduction des salaires, ni licenciements, une stratégie pratiquée par de nombreux entreprises publiques chinoises mais que les professionnels jugent irraisonnée.   Suite...