Les taux négatifs peuvent réduire de 10% les profits bancaires-M. Stanley

mercredi 17 février 2016 13h06
 

LONDRES, 17 février (Reuters) - Toute accentuation de la politique de taux d'intérêt négatifs de la Banque centrale européenne (BCE) pourrait amputer de 5% à 10% les bénéfices des banques de la zone euro, estiment les analystes de Morgan Stanley dans une note mercredi.

Le secteur bancaire a perdu près d'un quart de sa valeur boursière depuis le début de l'année en raison des inquiétudes pour la croissance et de son exposition au secteur de l'énergie.

Certains observateurs craignent aussi que les taux négatifs, censés inciter les banques à prêter donc soutenir l'activité, ne deviennent un problème supplémentaire pour le secteur en érodant leurs marges et en les obligeant à augmenter leurs tarifs.

"Toute expansion du QE (quantitative easing, assouplissement quantitatif) de la BCE risque de transformer l'effet positif en effet négatif pour de nombreuses banques de la zone euro, ce qui pourrait signer la fin de la banque gratuite en Europe et ouvrir la voie à une évolution vers des modèles basés sur les commissions", explique la note de Morgan Stanley.

Le taux négatif pratiqué par la BCE sur les dépôts des banques auprès d'elle est difficile à répercuter sur les clients des établissements concernés car cela risquerait de favoriser les retraits au guichet, donc d'affaiblir les bilans du secteur.

Selon les analystes de Morgan Stanley, une réduction de 20 points de base du taux de dépôt, actuellement fixé à -0,30%, réduirait d'environ 10% en moyenne les bénéfices des banques de la zone euro en 2017 et se traduirait par une diminution de 80 à 90 points de base de leur rentabilité ROTE (return on tangible equity).

"Les banques allemandes, qui ont des dépôts excédentaires, se distinguent. Soixante pour cent de tous les dépôts excédentaires à la BCE proviennent des banques allemandes et nous nous attendons à une faible croissance des prêts", ajoute la note.

"Puisque les taux devraient rester bas plus longtemps, la pression sur les marges est appelée à devenir l'un des principaux motifs de préoccupation des banques européennes en 2016."

(Anjuli Davies; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)