Uber, rival jugé crédible des groupes de messagerie en Europe

mardi 16 février 2016 15h38
 

LONDRES, 16 février (Reuters) - Déjà confrontés à la concurrence d'Amazon, les groupes européens de services postaux et de livraison express de colis, comme Deutsche Post , PostNL ou Royal Mail, risquent de devoir faire face à celle d'Uber et d'autres start-up intéressées par ce marché.

UberRUSH, qui permet de trouver via une application non pas une voiture de tourisme avec chauffeur mais un coursier, et de nouveaux entrants tels que PiggyBaggy ou Nimber, pourraient en effet venir grignoter des parts de marché aux opérateurs historiques, estiment des analystes financiers et des gérants interrogés par Reuters.

Ces derniers commencent à prendre en compte dans leurs calculs de valorisation l'impact à long terme de cette nouvelle concurrence, pour l'instant incarnée par Amazon avec le lancement de son propre service de messagerie express dans certaines régions d'Europe.

Pour eux, cette initiative du géant américain du commerce en ligne pourrait bien n'être qu'une première étape de ce qui attend le marché.

Le britannique Royal Mail a reconnu que l'initiative d'Amazon allait réduire de plus de moitié pendant plusieurs années le potentiel de croissance de son activité de livraison de colis, laquelle représente la moitié de ses 9,5 milliards de livres (12,2 milliards d'euros) de chiffre d'affaires.

De leur côté, les analystes de Credit Suisse estiment que si Amazon assurait lui-même la livraison de la moitié de ses propres colis d'ici trois à cinq ans, cela se traduirait par une perte de chiffre d'affaires de 3% à 5% pour DHL, la filiale spécialisée de Deutsche Post.

La possibilité de voir Uber se lancer dans la livraison de colis en Europe, comme c'est déjà le cas dans certaines villes américaines, et l'émergence d'autres nouveaux acteurs s'appuyant sur un réseau de travailleurs indépendants pourraient ainsi peser sur les cours de Bourse de Royal Mail, de Deutsche Post et de PostNL, qui accusent déjà un repli de 3% à 20% depuis le 1er janvier.

DES START-UP DÉJÀ PRÉSENTES SUR LE MARCHÉ   Suite...