EDF prône une réforme des régulations française et européenne

mardi 16 février 2016 11h00
 

PARIS, 16 février (Reuters) - Les régulations française et européenne doivent évoluer pour permettre aux électriciens de couvrir leurs coûts variables et d'investir dans de nouveaux moyens de production, a estimé mardi le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy.

Pénalisé par la forte baisse des prix de marché de l'électricité, qui s'établissent aujourd'hui à moins de 30 euros par mégawatt/heure (MWh) contre plus de 60 euros en 2011, EDF défend à l'échelle européenne l'idée d'un prix du CO2 et d'un mécanisme de capacité permettant de rémunérer les moyens de production.

"Avec des prix de l'électricité aussi bas qu'aujourd'hui et des surcapacités liées à une croissance faible et au développement des capacités renouvelables, les opérateurs peuvent à peine couvrir leurs coûts variables (...) avec le modèle de marché européen", a souligné Jean-Bernard Lévy lors d'une conférence avec les analystes.

EDF juge également nécessaire de réformer le système l'obligeant depuis 2011 à céder une partie de son électricité d'origine nucléaire en France à ses rivaux à un prix fixé par l'Etat (Arenh), dans une limite de 100 térawatts/heure (TWh) par an qui représente environ un quart de sa production.

Le système est de toute façon aujourd'hui inopérant dans la mesure où l'Arenh est fixé à 42 euros par MWh, soit largement au-dessus des prix de marché, sur lequel les concurrents d'EDF choisissent donc de s'approvisionner.

"Le mécanisme de l'Arenh est une mauvaise réponse à une bonne question, qui est celle du développement de la concurrence en France. Nous faisons face à la volatilité du marché en France à un moment où nous devons investir sur le long terme pour étendre la durée de vie de notre parc, et nous devons faire des propositions", a déclaré le directeur financier Thomas Piquemal.

Voir aussi :

* EDF-La Bourse salue les résultats malgré la baisse du dividende (Benjamin Mallet, édité par Dominique Rodriguez)