February 12, 2016 / 6:33 AM / in a year

LEAD 1-USA 2016-Clinton et Sanders se querellent sur l'héritage Obama

6 MINUTES DE LECTURE

* Sixième débat entre les deux candidats démocrates

* L'ex-secrétaire d'Etat accuse son rival de critiquer Obama

* Le sénateur du Vermont défend ses "désaccords" avec le président

* Tous deux veulent séduire les minorités avant les prochaines primaires (Ajoute échanges sur Obama, Kissinger §1-6, 16-17)

par John Whitesides

MILWAUKEE, Wisconsin, 12 février (Reuters) - Les candidats à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle américaine du 8 novembre, Hillary Clinton et Bernie Sanders, ont ferraillé sur l'héritage de Barack Obama, sur Wall Street et sur l'assurance-maladie jeudi soir lors de leur sixième confrontation télévisée.

Ce débat a été marqué par de vifs échanges, l'ancienne secrétaire d'Etat accusant son rival d'être trop critique vis-à-vis du président sortant, toujours très populaire auprès des minorités noires et hispaniques, qui joueront un rôle clé dans les prochaines étapes des primaires.

"Le genre de critiques que nous avons entendues de la part du sénateur Sanders à propos du président, je les attends des républicains, je ne les attends pas de la part de quelqu'un qui brigue la nomination du Parti démocrate pour succéder au président Obama", a déclaré Hillary Clinton.

"Madame la secrétaire, ceci est un coup bas", a répliqué le sénateur du Vermont, qui a assuré qu'il avait été un allié de Barack Obama au Sénat même s'il n'avait pas toujours été d'accord avec lui. "Les sénateurs ont-ils le droit d'être en désaccord avec le président?" a-t-il lancé.

Hillary Clinton, qui n'a eu de cesse de se poser comme la garante du bilan de l'actuel locataire de la Maison blanche, a rappelé que Sanders avait critiqué la faiblesse de Barack Obama et estimé que son double mandat était une déception, "ce qui va plus loin que de dire qu'on a des désaccords".

Elle a également estimé que la proposition du sénateur du Vermont de mettre en place une assurance-maladie universelle reviendrait à défaire l'Obamacare, une des réformes phare de Barack Obama.

"En me fondant sur chaque analyse disponible faite par des personnes (en faveur d'une assurance-maladie universelle), le compte n'y est pas. C'est une promesse qui ne peut être tenue", a dit Hillary Clinton.

Bernie Sanders s'est défendu de vouloir démanteler la réforme de l'assurance-maladie de Barack Obama, ajoutant qu'il voulait simplement aller vers ce qui existe dans la plupart des pays industrialisés, une assurance-maladie pour tous.

"Nous n'allons rien démanteler. Dans mon esprit, l'assurance-maladie est un droit pour tous, pas un privilège", a dit celui qui se qualifie de démocrate socialiste.

Le Soutien De L'électorat Afro-américain

Bernie Sanders a une nouvelle accusé Hillary Clinton d'être liée à Wall Street, notant que son comité d'action politique avait reçu 15 millions de dollars de contributions de banques d'affaires.

"N'insultons pas l'intelligence des Américains. Dans quel but Wall Street fait-il de si importantes contributions de campagne ? (...)", a-t-il dit.

Hillary Clinton a répondu en disant que ces dons ne signifiaient pas qu'elle oeuvrait en faveur de Wall Street, notant que Barack Obama avait également eu des contributions des banques d'affaires durant ses campagnes.

"Quand cela a été nécessaire, il s'est attaqué à Wall Street", a-t-elle dit, se référant à la régulation financière Dodd-Frank mise en place dans la foulée de la crise financière de 2007-2009.

Sur le thème de la politique étrangère, Bernie Sanders a reproché Hillary Clinton d'être étroitement liée à Henry Kissinger, l'ex-secrétaire d'Etat de Richard Nixon pendant la guerre du Vietnam qu'il a désigné comme "l'un des nos secrétaires d'Etat les plus destructeurs".

Qui sont vos conseillers en politique étrangère? a rétorqué Hillary Clinton. "Eh bien, ce n'est pas Henry Kissinger", a dit le sénateur du Vermont.

Alors que la campagne des primaires prend la direction d'Etats comptant d'importantes minorités, les deux candidats démocrates ont dénoncé le taux d'incarcération élevé des Afro-américains tout en plaidant pour une vaste réforme du système judiciaire.

Hillary Clinton était quelque peu fragilisée avant ce débat après que Bernie Sanders a remporté mardi la primaire du New Hampshire avec plus de 20 points d'avance.

Mais après le New Hampshire et l'Iowa, deux Etats avec une population blanche largement supérieure à la moyenne, les prochaines étapes de la primaire démocrate sont le Nevada et la Caroline du Sud, où il y a plus d'électeurs hispaniques et afro-américains.

Un sondage national Reuters/Ipsos a montré en janvier que les électeurs noirs préféraient Clinton à Sanders à 3 contre 1. Parmi les électeurs hispaniques, l'ex-sénatrice de New York est à 48% contre 32% pour son rival.

Au lendemain de sa victoire dans le New Hampshire, Bernie Sanders a petit-déjeuné avec Al Sharpton, figure parmi les plus célèbres de la cause des Noirs aux Etats-Unis, en vue de conquérir l'électorat afro-américain.

Jeudi, le Caucus noir du Congrès, qui rassemble des parlementaires afro-américains, a apporté son soutien à Hillary Clinton dans la course à l'investiture du Parti démocrate pour l'élection présidentielle américaine de novembre. (Benoît Van Overstraeten et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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