LEAD 1-Suède-La Riksbank réduit son taux plus fortement que prévu

jeudi 11 février 2016 10h52
 

(Actualisé avec précisions, citation, contexte)

STOCKHOLM, 11 février (Reuters) - La banque centrale suédoise a réduit plus fortement que prévu jeudi son principal taux d'intérêt, de 15 points de base à -0,50%, tout en se déclarant prête à assouplir encore sa politique monétaire face à la faiblesse de l'inflation.

La Riksbank a en outre amplifié de fait son programme de rachat d'obligations en annonçant qu'elle réinjecterait les liquidités tirées de ses titres arrivés à maturité et des intérêts perçus à partir de son portefeuille d'actifs.

Elle a ajouté qu'elle réfléchissait à d'autres moyens d'assouplir davantage sa politique monétaire, y compris via des interventions sur le marché des changes.

"La période d'inflation basse (...) sera plus longue", explique la Riksbank dans un communiqué. "Cela accroît le risque d'un affaiblissement de la confiance dans l'objectif d'inflation et d'une inflation qui ne monte pas comme prévu vers l'objectif."

La hausse des prix en Suède est inférieure depuis plus de cinq ans à l'objectif de la Riksbank d'une inflation de 2%.

La couronne suédoise s'est dépréciée après l'annonce de la banque centrale, à 9,6145 pour un euro, avant de revenir à 9,5435, en baisse de 0,89%, vers 09h35 GMT.

Une majorité d'analystes interrogés par Reuters s'attendaient à une baisse de taux limitée à 10 points de base, à -0,45%.

La crainte de la déflation amène de nombreuses banques centrales à travers le monde à réduire toujours davantage leurs taux directeurs, quitte à passer en territoire négatif, avec le risque que toutes ces décisions s'annihilent entre elles.

Cette politique accommodante suscite des craintes particulières en Suède, où certains redoutent une bulle du crédit avec un marché immobilier en pleine effervescence.

L'an dernier, la Riksbank a abaissé son taux directeur à trois reprises. En décembre, elle l'avait laissé inchangé tout en se disant prête à agir si l'inflation ralentissait. (Simon Johnson et Daniel Dickson; Marc Angrand et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Patrick Vignal)