La BCE va revoir à la baisse ses prévisions d'inflation-Weidmann

mardi 9 février 2016 17h28
 

PARIS, 9 février (Reuters) - Les prévisions d'inflation pour 2016 devront être révisées en forte baisse en raison de la faiblesse des cours du pétrole et la Banque centrale européenne (BCE) en discutera lors de la réunion de son conseil des gouverneurs début mars, a déclaré mardi Jens Weidmann.

"Les prévisions d'inflation pour cette année vont devoir être revues considérablement en baisse compte tenu de l'évolution des prix du pétrole", a dit le président de la Bundesbank à l'issue d'une réunion du Conseil économique et financier franco-allemand.

"Faut-il pour autant réviser la politique monétaire ? La Banque centrale européenne (BCE) en parlera lors de sa réunion début mars, ce que nous faisons toujours quand nous faisons de nouvelles projections", a-t-il ajouté.

La dernière prévision d'inflation de la BCE pour la zone euro en 2016, publiée début décembre, se situe à 1%.

La Commission européenne vient d'abaisser la sienne à 0,5%, contre 1% auparavant, en raison de l'accentuation de la faiblesse des cours du brut qui alimente les spéculations sur un nouveau geste de la BCE lors de sa réunion de début mars.

Jens Weidmann et François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, ont estimé que la zone euro était relativement protégée des secousses conjoncturelles, notamment en Chine, qui entretiennent une grande volatilité sur les marchés financiers.

S'il y a "un peu plus de nuages dans le ciel conjoncturel qu'il y a quelques semaines (...) on ne peut pas dire qu'il va y avoir un effondrement de l'économie chinoise", a déclaré le premier, ajoutant : "Toutes les indications récentes montrent que la reprise est là en zone euro".

François Villeroy de Galhau a dit partager le diagnostic de son homologue allemand sur la volatilité "quelque peu excessive" des marchés financiers.

"Je pense qu'il faut savoir la dépasser dans ses variations instantanées face à une économie réelle qui donne en zone euro des signes de robustesse supérieurs. Bien sûr, il y a des risques à la baisse sur la croissance en zone euro mais toutes les indications récentes montrent que la reprise est là", a-t-il indiqué. (Yann Le Guernigou et Leigh Thomas, édité par Yves Clarisse)