Ultimatum de la Cnil à Facebook sur la collecte de données

lundi 8 février 2016 20h51
 

PARIS, 8 février (Reuters) - La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a mis lundi en demeure Facebook de cesser de suivre les internautes ayant visité ses pages mais non enregistrés sur le réseau social et ce dans un délai de trois mois.

En installant un cookie sur les appareils des personnes ayant visité une page Facebook publique, le réseau social "est en mesure de suivre la navigation des internautes, à leur insu, sur des sites tiers alors même qu'ils ne disposent pas de compte", explique la Cnil dans un communiqué diffusé lundi.

La Cnil exige également que les membres du réseau social aient la possibilité de s'opposer à ce que Facebook procède à la combinaison de leurs données personnelles collectées par différents biais, un procédé utilisé à des fins publicitaires.

Enfin, elle souligne que Facebook "transfère les données personnelles de ses membres aux Etats-Unis sur la base du Safe Harbor, ce qui n'est plus possible depuis la décision de la Cour de Justice de l'Union Européenne du 6 octobre 2015."

Cette sommation de la Cnil intervient à la suite de manquements constatés lors d'une enquête ouverte en mars 2015 après une modification de la politique de confidentialité de Facebook.

Cinq organismes ont participé à cette analyse dans le cadre du G29, qui réunit les différentes institutions européennes chargées de la protection des données personnelles, a précisé la Cnil dans son communiqué.

En Belgique, dont l'autorité de contrôle a également participé à l'enquête, le géant américain a décidé en décembre d'arrêter de "tracer" les internautes, après une injonction de justice.

Si Facebook se conforme à la loi dans le délai imparti, aucune sanction ne sera prise, indique le régulateur français. (Myriam Rivet, édité par Wilfrid Exbrayat)