Espagne-Podemos exige que le PSOE ne négocie pas avec Ciudadanos

vendredi 5 février 2016 17h52
 

MADRID, 5 février (Reuters) - Le parti anti-austérité Podemos n'engagera pas de négociations avec le Parti socialiste espagnol (PSOE) en vue de former un gouvernement de coalition à Madrid si le dirigeant du PSOE, Pedro Sanchez, ne renonce pas à ses discussions avec les centristes de Ciudadanos.

"Un accord avec Ciudadanos, ce serait un accord indirect avec le Parti populaire" du chef de gouvernement sortant Mariano Rajoy, a estimé le numéro un de Podemos, Pablo Iglesias, vendredi lors d'une conférence de presse. "Nous n'allons pas apporter notre soutien à un gouvernement de centre droit."

"Notre équipe de négociations sera prête dès que les socialistes auront opté pour un gouvernement de progrès", a poursuivi Pablo Iglesias.

Pedro Sanchez, qui est favorable à une entente entre les partis de gauche, a appelé le dirigeant de Podemos à revoir sa position pour barrer la route à un second mandat de Rajoy.

Il s'est vu confier lundi dernier la tâche de former le futur gouvernement espagnol et les socialistes ont entamé mercredi leurs négociations.

Mariano Rajoy, qui espérait former une "grande coalition" à l'allemande avec le PSOE et Ciudadanos, a dû reconnaître le mois dernier qu'il ne disposait pas du soutien nécessaire pour obtenir la confiance du Parlement.

Si Pedro Sanchez échoue, les autres candidats potentiels auront deux mois pour tenter à leur tour de former une coalition, faute de quoi de nouvelles élections seront organisées.

Le Parti populaire est arrivé en tête des législatives de décembre mais avec 123 élus a perdu sa majorité absolue, dont le seuil est fixé à 176 élus. Le PSOE, également en recul, compte 90 députés. Suivent les 69 élus de Podemos, les 40 de Ciudadanos et plusieurs petits partis, dont les ex-communistes d'Izquierda Unida et les formations nationalistes catalane et basque. (Blanca Rodríguez; Julie Carriat, Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)