February 3, 2016 / 9:29 PM / a year ago

LEAD 1-Les socialistes espagnols entament leurs consultations

4 MINUTES DE LECTURE

(Actualisé avec déclaration de Sanchez après ses premières consultations)

par Sarah White

MADRID, 3 février (Reuters) - Les socialistes espagnols ont entamé mercredi des négociations en vue de former un gouvernement, une tâche qui s'annonce ardue vu les doléances de chacun des partis politiques et l'émiettement du Parlement.

Le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) Pedro Sanchez a rencontré mercredi les représentants de petits partis de gauche et de formations régionales. Il verra jeudi les libéraux de Ciudadanos et vendredi le parti anti-austérité Podemos.

Le chef de file du PSOE a également indiqué qu'il tenterait de voir la semaine prochaine le Parti populaire (PP, droite) du président du gouvernement sortant, Mariano Rajoy, qui a renoncé en fin de semaine dernière à tenter de trouver une majorité.

"Le sentiment qui est le mien après la série de discussions que j'ai eues avec différents partis est que cela commence bien", a dit Sanchez mercredi soir après s'être entretenu avec les représentants des anciens communistes d'Izquierda Unida (Gauche unie) et des partis régionaux de Valence et des Canaries.

Sanchez s'est vu confier lundi la tâche de former le futur gouvernement espagnol, succédant à Rajoy. Le chef du gouvernement sortant, qui espérait former une "grande coalition" à l'allemande avec le PSOE et Ciudadanos, a reconnu qu'il ne disposait pas des voix nécessaires pour demander la confiance du Parlement.

Les négociations, que mèneront six négociateurs socialistes désignés par Sanchez, devraient se concentrer sur quatre domaines: la création d'emplois, la réduction des inégalités, le rétablissement de la confiance dans les institutions et la réforme de la Constitution pour mieux prendre en compte le cas de la Catalogne, a-t-il dit.

"Avant de savoir 'qui' le fera, nous devons déterminer 'quoi' faire", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Etant donné la fragmentation exceptionnelle du Parlement espagnol issu des élections législatives du 20 décembre, les socialistes auront besoin du soutien d'au moins trois partis et de l'abstention du plusieurs autres pour obtenir une majorité simple.

Mais, outre des doctrines économiques radicalement opposées, les partis en question sont en désaccord sur des sujets fondamentaux comme l'organisation d'un référendum sur l'indépendance de la Catalogne.

Pedro Sanchez a estimé mardi qu'il lui faudrait au moins un mois avant de solliciter la confiance du Parlement.

Si sa tentative échoue, les autres candidats potentiels auront deux mois pour tenter à leur tour de former une coalition, faute de quoi de nouvelles élections seront convoquées.

Le Parti populaire est arrivé en tête des législatives de décembre, mais avec 123 élus, il a perdu sa majorité absolue (dont le seuil est fixé à 176 élus). Les socialistes du PSOE, également en recul, comptent 90 députés. Suivent les 69 élus de Podemos, les 40 de Ciudadanos et plusieurs petits partis, dont les ex-communistes d'Izquierda Unida et les formations nationalistes catalane et basque. (avec Julien Toyer et Blanca Rodriguez; Julie Carriat et Henri-Pierre André pour le service français)

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