1 février 2016 / 18:24 / il y a 2 ans

LEAD 1-Les relations franco-cubaines confortées, accord sur la dette

(Actualisé avec nouvelles citations, Castro)

PARIS, 1er février (Reuters) - Neuf mois après le voyage de François Hollande à La Havane, la France et Cuba ont ouvert lundi à Paris un nouveau chapitre de leurs relations, concrétisé par un accord sur la dette qui étouffe l‘économie de l‘île communiste.

En visite d‘Etat dans la capitale française, le président Raul Castro a en outre salué la position française quant à une levée complète de l‘embargo américain contre son pays, allégé depuis décembre 2014.

Au terme d‘un entretien d‘une heure, François Hollande et Raul Castro ont supervisé la signature d‘une série d‘accords portant notamment sur la conversion d‘une partie des arriérés de la dette cubaine en un fonds franco-cubain doté de 212 millions d‘euros.

Ce fonds “servira à accélérer les projets franco-cubains à Cuba en finançant une part des coûts locaux de ces projets”, précise l‘Elysée dans un communiqué.

Les projets appelés à être soutenus seront sélectionnés par l‘Agence française de développement, qui va ouvrir prochainement une antenne à Cuba.

Raul Castro a salué devant la presse “la volonté exprimée par les autorités françaises d‘accompagner et de participer de façon plus active aux projets de développement économique et social de Cuba.”

“VESTIGE DE LA GUERRE FROIDE”

Cette annonce destinée à soutenir une économie cubaine exsangue fait suite à l‘accord trouvé le 12 décembre dernier entre le Club de Paris, présidé par la France, et Cuba sur la restructuration de 16 milliards de dollars (14,7 milliards d‘euros) de dettes pour lesquelles La Havane avait fait défaut en 1986.

Les sommes dues aux pays occidentaux et au Japon s‘élevaient à 11,9 milliards de dollars, dont 4,6 milliards pour la France.

Conformément à cet accord, “la France procédera comme les autres créanciers à l‘annulation des intérêts de retard (3,7 milliards d‘euros), et verra la totalité du principal et des intérêts originels (530 millions d‘euros) apurés”, précise l‘Elysée dans son communiqué de lundi.

D‘autres accords ont été signés dans les domaines du tourisme, du transport ferroviaire et du commerce équitable.

Au plan politique, François Hollande a réitéré sa demande formulée en mai dernier à La Havane d‘une levée complète de l‘embargo américain imposé à Cuba depuis le début des années 1960.

“Cet embargo, ce blocus doivent être maintenant effacés pour que Cuba prenne pleinement sa place et c‘est la volonté de ce pays, c‘est celle de la communauté internationale”, a dit le président français.

Un timide rapprochement entre Washington et La Havane s‘est opéré en décembre 2014 sous la houlette du président américain Barack Obama.

“Et donc le président Obama, qui a fait de nombreux gestes, doit, et il l‘a dit lui-même, aller jusqu‘au bout et permettre qu‘il y ait la fin de ce vestige de la guerre froide”, a demandé François Hollande.

Raul Castro, qui a pris les rênes de son pays en 2006 dans les pas de son frère Fidel, a salué pour sa part “la position traditionnelle française en faveur de la levée de l‘embargo économique, commercial et financier des Etats-Unis contre Cuba qui est le principal obstacle au développement de notre pays et de ses relations économiques et commerciales.”

François Hollande a précisé avoir abordé avec son hôte la question récurrente de la défense des droits de l‘homme à Cuba.

“Nous n‘avons écarté aucun sujet, y compris le droit des personnes”, a dit le président. (Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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