Airbus doute du potentiel commercial des fusées réutilisables

mardi 26 janvier 2016 12h18
 

PARIS, 26 janvier (Reuters) - Le potentiel commercial des lanceurs spatiaux récupérables, expérimentés par l'américain SpaceX, sera difficile à trouver en Europe, a estimé mardi François Auque, directeur général du pôle Space Systems d'Airbus Group.

SpaceX, fondé par l'entrepreneur américain Elon Musk, a réussi à faire atterrir une fusée Falcon 9 en décembre en Floride, mais a raté de peu l'amerrissage d'un autre exemplaire qui a explosé le 17 janvier au large de la Californie.

"Avec le volume du marché commercial, il n'y a pas de 'business model' pour le marché de la réutilisation, a estimé François Auque lors d'une conférence de presse, soulignant que le pari d'Elon Musk était d'utiliser le volume de la Nasa.

La récupération des fusées, facteur d'économies, ne devient rentable que sur un volume élevé qui n'existe pas aujourd'hui sur le marché commercial, a-t-il ajouté.

Pour l'Europe, la seule manière d'être compétitive est le lancement en 2020 comme prévu d'Ariane 6, nouvelle version de la fusée européen, a estimé François Auque, qui est aussi président d'Airbus Defense & Space, la division qui englobe le pôle Space Systems.

"En parallèle, sans toucher à une seule seconde du calendrier d'Ariane 6 pour pouvoir voler le plus vite possible en 2020, on continue à explorer des pistes de réutilisation qui seront le cas échéant mises en oeuvre après 2020 et compatibles avec le concept actuel d'Ariane 6", a-t-il également indiqué.

François Auque s'est montré par ailleurs impatient concernant la finalisation d'Ariane Safran Launchers, coentreprise à parité créée en 2014 par Airbus Group et Safran pour produire Ariane 6.

Les deux partenaires s'étaient entendus sur le versement par Safran à Airbus Group d'une soulte de 800 millions d'euros pour compenser la différence de valorisation de leurs actifs respectifs.

Mais selon des sources proches du dossier, Airbus Group renâcle devant les impôts à payer à l'issue de cette opération, qui était prévue pour être bouclée avant la fin 2015, et le ministère français des Finances recherche une solution pour sortir de l'impasse, d'autant plus difficile à trouver qu'elle devrait faire jurisprudence.   Suite...