La Pologne pense annuler un contrat d'hélicoptères d'Airbus-presse

mardi 26 janvier 2016 10h16
 

VARSOVIE, 26 janvier (Reuters) - Il est "très probable" que le gouvernement polonais annule un contrat de trois milliards de dollars (2,75 milliards d'euros) attribué à Airbus pour la livraison d'hélicoptères militaires, a déclaré mardi le vice-ministre polonais de la Défense.

Le précédent gouvernement, battu aux législatives d'octobre par le parti Droit et Justice (PiS), eurosceptique, avait conclu avec Airbus un accord provisoire portant sur 50 hélicoptères EC-725 Caracal, préférant le constructeur européen à Sikorsky et AgustaWestland.

Mais le contrat définitif n'a pas été signé et le PiS a déclaré à plusieurs reprises que sa préférence allait à un constructeur acceptant de produire localement les appareils. Or Sikorsky et AgustaWestland disposent de sites en Pologne.

"Je ne peux pas dire que la conclusion définitive des négociations en cours sera négative mais, au vu de l'ampleur des divergences, il est très probable qu'un accord ne sera pas conclu", a dit Bartosz Kownacki au quotidien Rzeczpospolita.

"Nous ne sommes pas allergiques aux Français mais au fait de ne pas utiliser la capacité de l'industrie polonaise", a-t-il ajouté. "Nous devons faire avancer autant que possible la partie française pour que ce contrat nous soit profitable."

Selon le vice-ministre, la Pologne pourrait avoir avantage à rompre l'accord, quitte à payer un éventuel dédommagement susceptible de se chiffres en centaines de millions de zlotys, plutôt que de supporter les pertes qu'imposerait le contrat à son industrie de défense.

Les négociations doivent s'achever d'ici au 10 février, précise Rzeczpospolita.

"Les discussions sur les compensations industrielles sont en cours, laissons-les aller à leur terme", a déclaré un porte-parole d'Airbus Helicopters.

Lundi, le PDG d'Airbus Helicopters, Guillaume Faury, a déclaré qu'il serait "très déçu" si les négociations en Pologne n'aboutissaient pas. (Wiktor Szary, avec Cyril Altemeyer à Paris; Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)