24 janvier 2016 / 15:57 / il y a 2 ans

RPT-AVANT-PAPIER-Une semaine après la levée des sanctions, Rohani à Rome puis à Paris

(RPT bien lire Hassan Rohani au premier paragraphe)

* Premier déplacement à l‘étranger du président iranien depuis la levée des sanctions

* Rohani sera lundi et mardi à Rome, mercredi et jeudi en France

* Aucun contrat majeur ne devrait être signé mais sa venue devrait permettre d‘aplanir les sujets de contentieux

par Crispian Balmer et John Irish

ROME/PARIS, 24 janvier (Reuters) - Le président iranien Hassan Rohani est attendu cette semaine en Italie puis en France pour poser les bases d‘un retour de son pays dans le commerce international après la levée des sanctions financières liées à son programme nucléaire.

Pragmatique élu en 2013 sur la promesse de réduire l‘isolement de l‘Iran et de ses 80 millions d‘habitants, Rohani a su négocier avec les puissances mondiales un accord qui a abouti il y a une semaine à la fin des mesures de représailles qui pénalisaient la puissance régionale chiite. (voir )

Pour son premier déplacement à l‘étranger depuis ce qu‘il a qualifié de “page en or dans l‘histoire de l‘Iran”, il emmène avec lui une délégation de 120 personnalités dont de nombreux représentants du monde des affaires.

A Paris et Rome, des responsables gouvernementaux disent ne pas s‘attendre à la signature d‘accords majeurs durant cette visite. Pas tout de suite. Le président iranien lui-même a évoqué le “long chemin” qui reste à parcourir avant la réintégration de l‘Iran dans l‘économie mondiale.

Mais la République islamique n‘a pas tardé à exposer ses ambitions. Dimanche, lors d‘un sommet aéronautique qui se tenait à Téhéran, les autorités iraniennes ont confirmé qu‘elles prévoyaient l‘achat de 114 avions Airbus auxquels pourraient s‘ajouter une centaine de Boeing. (voir )

LA QUESTION SYRIENNE

La levée des sanctions consacre aussi le retour de la diplomatie iranienne au premier plan -- retour redouté par l‘Arabie saoudite sunnite -- au moment où un difficile processus politique sur la Syrie tente de se mettre en place sous l‘égide des Nations unies.

Des discussions, les premières en deux ans, sont censées s‘ouvrir dans les prochains jours à Genève entre des représentants du régime de Bachar al Assad et de l‘opposition.

Téhéran est avec Moscou le principal allié du président syrien; les pays européens, France en tête, soutiennent pour leur part ses opposants, principalement sunnites.

“C‘est une visite très importante”, relève un haut responsable iranien. “Il est temps de tourner la page et d‘ouvrir la porte à une coopération entre nos pays dans différents domaines.”

PARIS VEUT “OUVRIR UNE NOUVELLE PAGE”

La venue de Rohani en France, la première d‘un président iranien depuis Mohammad Khatami en 1999, fournira la possibilité d‘aplanir des relations particulièrement difficiles.

Au fil des négociations qui ont précédé l‘accord conclu en juillet dernier à Vienne sur le nucléaire iranien, Paris est apparu en “faucon” parmi les puissances du P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l‘Onu + l‘Allemagne). La France n‘a pas été avare non plus en condamnations du soutien apporté par l‘Iran à Assad ou des interventions de la puissance chiite au Moyen-Orient.

“La confiance doit être bâtie. C‘est comme l‘amour. Seules comptent les preuves d‘amour”, avance un diplomate français de haut rang.

“Sur l‘accord nucléaire, l‘heure est à la détente, mais pas sur d‘autres sujets. Il n‘y a pour l‘heure aucun changement dans la position iranienne sur un certain nombre de questions régionales, l‘enjeu est donc d‘ouvrir une nouvelle page”, ajoute-t-il.

En septembre, une délégation économique de haut rang conduite par Stéphane Le Foll, ministre de l‘Agriculture, et Matthias Fekl, secrétaire d‘Etat au Commerce extérieur, a fait le voyage de Téhéran. Quelque 130 entreprises y ont pris part, présentes dans des secteurs aussi divers que l‘agriculture, le BTP ou le tourisme. La compagnie pétrolière Total, l‘avionneur Airbus ou le constructeur automobile Peugeot étaient également représentés. (voir )

“Nous sommes loin de la période où tout le monde disait que nous souffririons économiquement de notre position sur le dossier nucléaire”, se félicite un autre diplomate français. “Il y aura des accords et des progrès sur des accords”, ajoute-t-il même s‘il a le sentiment que certaines entreprises sont prudentes.

Le président iranien est attendu mercredi en France. Il sera reçu le lendemain par François Hollande.

AUDIENCE AU VATICAN

En Italie, où il arrivera dès lundi, les contraintes diplomatiques ne sont pas les mêmes. Rome, dont les relations économiques avec l‘Iran sont traditionnellement fortes, n‘a pas participé aux discussions sur le nucléaire.

L‘agence de crédit à l‘exportation SACE prévoit que les exportations italiennes vers l‘Iran pourraient augmenter de l‘ordre de trois milliards d‘euros sur la période 2015-2018. L‘an dernier, l‘Italie a exporté au total 1,56 milliard d‘euros vers l‘Iran.

Mais comme en France, une source industrielle note qu‘aucun accord majeur n‘est attendu à la signature lors de la venue du président iranien.

Après des entretiens avec le président du Conseil Matteo Renzi et des chefs d‘entreprise, Rohani sera reçu mardi au Vatican par le pape François, chef de l‘Eglise catholique. (Henri-Pierre André pour le service français)

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