Gestion-Les obligations d'Etat plébiscitées, craintes récessionnistes

vendredi 22 janvier 2016 17h10
 

PARIS, 22 janvier (Reuters) - Les fonds spécialisés en
obligations gouvernementales ont enregistré leur plus forte
collecte nette hebdomadaire en un an à 5,1 milliards de dollars
sur la semaine au 20 janvier, illustrant l'inquiétude des
investisseurs sur les pressions récessionnistes à l'échelle
mondiale, montre une étude hebdomadaire publiée vendredi par
Bank of America-Merrill Lynch.
    Les chances de voir les Etats-Unis tomber en récession au
cours de l'année à venir sont passées de 15% à 20%, prévient
d'ailleurs Bank of America Merrill Lynch, qui estime  toutefois
qu'une nouvelle grande récession, comme celle subie par lors de
la crise financière de 2007-2009, est "peu probable".
 
    Les fonds spécialisés sur les titres obligataires considérés
comme plus risqués comme ceux investis en dette émergente ou en
obligations à haut rendement ont en revanche subi des rachats
nets à hauteur de 2,3 milliards et de 4,9 milliards
respectivement, selon l'étude de BofA Merrill Lynch, qui reprend
des données d'EPFR Global, une société de recherches spécialisée
dans le suivi des flux de souscription des grandes sociétés de
gestion internationales.
    Les fonds investis en actions ont eux aussi connu des flux
de souscription contrastés sur la période. 
    Les sorties nettes de 2,8 milliards toutes catégories
géographiques confondues, recouvrent en effet des rachats nets
sur les fonds dédiés aux actions américaines à hauteur de 4,3
milliards et sur ceux en actions émergentes (2,3 milliards, soit
les dégagements les plus élevés sur cette catégorie en 19
semaines) mais des entrées nettes sur les fonds en actions
européennes (+600 millions) et japonaises (+3 milliards, soit le
montant le plus élevé en 18 semaines).
    Les 24 milliards de rachats nets sur les fonds actions
depuis le début de l'année dans un contexte de fortes
turbulences sur les marchés ne représentent toutefois que 0,3%
de la totalité de leurs actifs sous gestion, souligne BofA
Merrill Lynch.
    "C'est peu en comparaison avec les 35 milliards (de sorties
nettes) lors des ventes massives du mois d'août 2015, des 90
milliards lors de celles liées aux tensions sur le plafond de la
dette (fédérale américaine) en 2011 et des 85 milliards de la
grande crise financière de 2008", relève la banque. 
    Les fonds investis en matières premières ont bénéficié de
800 millions de souscriptions et affichent des entrées nettes
sur six des sept dernières semaines, laissant penser que la
forte chute des matières premières et en particulier du pétrole
pourrait toucher à sa fin. 
    
    Souscriptions(+)/Rachats(-) nets par grandes catégories de
fonds (en milliards de dollars):

                      Semaine au 13/01        2016
    Actions                -3,5              -24,19
    Obligataires           -2,8               +2,74
    Monétaires             -7,53              +8,79
    Matières premières     +0,8               +2,37

Sources : BAML, Global Investment Strategy, EPFR Global

 (Marc Joanny, édité par Benoît van Overstraeten)