Londres renonce à imposer des règles strictes à Uber

mercredi 20 janvier 2016 17h27
 

LONDRES, 20 janvier (Reuters) - L'organisme responsable des transports à Londres a décidé mercredi de ne pas imposer de strictes restrictions d'activité aux voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), y compris celles d'Uber, mais elle pourrait taxer ces véhicules par le biais du péage urbain en vigueur dans la capitale britannique.

Après des mois de protestations des chauffeurs de taxi londoniens, Transport for London (TfL) avait lancé l'an dernier une consultation sur les moyens possibles de faire face à cette concurrence nouvelle.

L'organisme a fait savoir mercredi qu'il avait décidé que les opérateurs de VTC ne seraient pas tenus à un délai minimum de cinq minutes entre la réservation et le début du trajet et qu'ils pourraient afficher sur une application les véhicules immédiatement disponibles.

Uber, qui permet aux clients de réserver et de régler une course à partir de leur smartphone, s'est félicité de cette décision. "Nous sommes heureux que Transport for London ait entendu les points de vue des passagers et des conducteurs, sans

retenir les idées de cinglés proposées l'an dernier, comme un délai d'attente obligatoire de cinq minutes", a déclaré Jo Bertram, le directeur général de la firme américaine au Royaume-Uni.

Pour autant, TfL a dit être sensible aux problèmes de congestion du trafic et de pollution, surtout dans le centre de Londres, et a noté que le nombre de chauffeurs de VTC dans la ville était passé de 59.000 début 2010 à plus de 95.000 actuellement.

Le maire Boris Johnson, initialement favorable à une limitation du nombre de VTC, a dit mercredi qu'il réfléchirait à supprimer l'exemption de péage urbain dont bénéficient ces véhicules.

La plupart des automobilistes doivent payer jusqu'à 11,50 livres (15 euros) pour pénétrer dans le centre de Londres, y compris dans le quartier financier de la City, mais les taxis et VTC en sont dispensés.

"Les véhicules avec chauffeur privés représentent maintenant plus de 10% de tous les véhicules entrant dans la zone et j'ai demandé à TfL d'étudier l'impact et la faisabilité d'une levée de l'exemption de péage dont ils bénéficient", a déclaré Boris Johnson.

Uber, qui a son siège à San Francisco et compte Goldman Sachs et Google parmi ses actionnaires, a adressé une lettre ouverte au maire pour lui demander de maintenir son statut, en disant vouloir contribuer à réduire la circulation à Londres.

TfL, dans ses recommandations sur lesquelles son conseil d'administration aura à se prononcer en mars, demande que les conducteurs passent un test d'anglais et, lorsqu'ils prennent un client, communiquent à l'avance une estimation garantie de leur tarif. Les firmes de VTC devront en outre fournir un numéro de téléphone à composer en cas de plainte. (Costas Pitas, Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand)