La CFE-CGC pointe les risques pour EDF du projet Hinkley Point

mardi 19 janvier 2016 20h30
 

PARIS, 19 janvier (Reuters) - Les enjeux financiers liés au projet d'EDF de construire deux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre, "pourraient mettre en danger la pérennité" du groupe, a estimé mardi la CFE-CGC.

Dans un texte publié sur le site internet de sa branche "énergies", le syndicat des cadres a notamment souligné que le montant du projet, de 18 milliards de livres (23,4 milliards d'euros), dépassait la valorisation boursière d'EDF (22,5 milliards d'euros).

La CFE-CGC, qui dresse une liste de questions sur le projet, s'interroge sur "l'intérêt de se lancer sur la construction simultanée de deux EPR, sur un même site, dans un délai aussi court et sans retour d'expérience complet" alors que deux autres EPR en construction en Finlande et à Flamanville (Manche) connaissent d'importants retards.

Soulignant que la dette liée à Hinkley Point figurera à 100% par intégration globale dans les comptes d'EDF, le syndicat souhaite en outre connaître l'impact du projet sur la notation financière du groupe et la liste des actifs qui seront cédés pour le financer.

EDF, dont l'Etat français détient près de 85% du capital, a conclu en octobre une série d'accords avec son partenaire chinois CGN et le gouvernement britannique en vue d'une décision finale d'investissement dans le projet Hinkley Point. En vertu de ces accords, l'électricien français détiendra 66,5% du projet et CGN 33,5%.

Une association de salariés actionnaires d'EDF s'était déjà alarmée en novembre des risques du projet pour la société.

Une source au fait du dossier a déclaré à Reuters que le conseil d'administration d'EDF devrait se prononcer le 27 janvier sur une décision d'investissement dans Hinkley Point.

Une porte-parole du groupe n'a pas souhaité commenter ces informations.

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a par ailleurs fait savoir mardi qu'elle jugeait insuffisantes les actions d'audit menées jusqu'à présent par Areva sur son site du Creusot (Saône-et-Loire), qui fabrique des composants clés de l'EPR et dont est sortie la cuve de Flamanville, pour laquelle des anomalies ont été dévoilées en 2015.   Suite...