LEAD 1-L'UE a deux mois pour maîtriser la crise migratoire-Tusk

mardi 19 janvier 2016 17h30
 

(Actualisé avec contexte, Juncker)

STRASBOURG, 19 janvier (Reuters) - L'Union européenne n'a "pas plus de deux mois" pour maîtriser la crise migratoire ou devra tirer un trait sur l'espace Schengen de libre-circulation, a déclaré mardi le président du Conseil européen, Donald Tusk, devant le Parlement européen.

"Le Conseil du mois de mars sera la dernière possibilité pour voir si notre stratégie fonctionne. Si ce n'est pas le cas, nous ferons face à des conséquences très graves comme par exemple l'effondrement de Schengen", a-t-il dit.

Donald Tusk a également mis en garde contre le risque d'échec du "projet politique" européen si l'ensemble communautaire ne parvient pas à exercer un contrôle efficace à ses frontières extérieures.

L'Europe est confrontée depuis l'année dernière à la plus grave crise migratoire qu'elle ait connue depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a tenu des propos tout aussi alarmistes en appelant les Etats membres à mettre en ÷uvre les outils proposés par son collège : création d'un corps de garde-frontières européen, centres de contrôles ou "hot spots" aux frontières extérieures et relocalisation des réfugiés au sein des Etats-membres.

La Hongrie, la Slovénie, l'Autriche, le Danemark et la Suède ont déjà rétabli des contrôles aux frontières.

"A frontières communes, gestion commune. Si nous ne comprenons pas cela, Schengen n'y survivra pas", a-t-il affirmé.

"La Commission (européenne) a déjà présenté tous les éléments nécessaires pour gérer avec efficacité la crise des réfugiés", a-t-il estimé en lançant un appel au Etats pour qu'ils les mettent maintenant en ÷uvre et retrouvent "l'esprit pionnier de la construction européenne".

Les eurodéputés ont eux-mêmes souligné le peu de résultats qui ont suivi les décisions des Vingt-Huit avec, selon Guy Verhofstadt, président du groupe Libéral et démocrate, "290 réfugiés relocalisés sur 160.000 (prévus) et 3.000 nouveaux migrants arrivant chaque jour aux frontières de la Grèce".

"Mais j'en ai marre d'entendre ça, nous n'avons pas besoin de d'avantage d'analyse, nous avons besoin d'action." (Gilbert Reilhac et Gabriela Baczynska, Henri-Pierre André pour le service français, édité par Yves Clarisse)