BOURSE-Les banques italiennes accentuent leur repli

lundi 18 janvier 2016 15h25
 

MILAN, 18 janvier (Reuters) - Les banques italiennes souffrent ce lundi en Bourse de Milan et pèsent sur l'ensemble du secteur financier européen, en raison d'une dégradation de leurs perspectives aux yeux des courtiers après une année en 2015 particulièrement florissante.

L'indice bancaire italien cède plus de 5% vers 14h05 GMT, ce qui porte ses pertes depuis le début de l'année à plus de 16%. Ses deux poids lourds Intesa SanPaolo et Unicredit abandonnent respectivement 5,0% et 4,46%, soit les deux plus fortes chutes de l'indice EuroStoxx 50 des 50 plus grandes valeurs de la zone euro.

L'action Intesa SanPaolo et celle de Banca Monte dei Paschi di Siena, troisième banque de la péninsule, ont été provisoirement suspendues.

Le secteur bancaire est le moins performant ce lundi en Europe, avec un recul d'environ 2%.

Les investisseurs s'inquiètent de plus en plus des conséquences en Italie d'un environnement de taux bas mais aussi du lourd fardeau des créances douteuses qui ne seront probablement jamais remboursées, estimé à 200 milliards d'euros.

Ce double problème éclipse la consolidation attendue dans le secteur bancaire italien à la suite d'une réforme du statut des banques coopératives destinée à réduire le nombre pléthorique de banques régionales.

JP Morgan a conseillé ce mois-ci aux investisseurs d'éviter les banques italiennes car les taux bas devraient davantage peser sur leurs revenus que sur ceux de leurs homologues européennes et que les problèmes de qualité de leur portefeuille de prêts continueront de peser sur leur effort de provisionnement.

Des intervenants de marché incitent à se désengager d'investissements ayant été particulièrement recherchés récemment, tels Banca Popolare di Milano et Intesa, car les cours de leurs actions ont atteint des seuils techniques.

Certains gestionnaires de fonds restent néanmoins positifs sur les banques italiennes, dont certaines peuvent avoir une valorisation inférieure à celle de leurs homologues européennes.

"J'accueille les appels à sortir des banques italiennes avec une pointe de réserve", dit Gilles Guibout, gestionnaire de portefeuilles chez Axa IM.

"Même s'il est vrai que la hausse de l'an dernier a réduit le potentiel de gains supplémentaires, les raisons de rester présent sont toujours là. La consolidation n'a pas encore eu lieu mais elle aura lieu et elle permettra ensuite d'assainir le marché et d'augmenter l'efficacité." (Danilo Masoni, Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Joanny)