Rome affiche ouvertement ses désaccords avec Bruxelles

vendredi 15 janvier 2016 15h44
 

par Crispian Balmer

ROME, 15 janvier (Reuters) - Autrefois grands partisans de l'Union européenne, les Italiens semblent désormais moins enthousiastes, en témoignent les dernières attaques de leur président du Conseil, Matteo Renzi.

Il s'en est ainsi pris le mois dernier aux règles européennes et à la rigidité dont Bruxelles peut faire preuve, prophétisant une désintégration du bloc communautaire sans réforme de ce dernier.

Selon certains observateurs, ce tir de barrage semble destiné à détourner la rancoeur des Italiens qui restent confrontés à une conjoncture économique difficile.

"Je pense que le président du Conseil italien (...) a tort de critiquer la Commission à tous les coins de rue", a déclaré vendredi le président de l'exécutif européen, Jean-Claude Juncker, laissant entendre que les propos de Matteo Renzi s'inscrivaient dans une "pièce de théâtre interne" à l'Italie.

Les doléances de Rome à l'encontre de Bruxelles couvrent un large éventail de sujets, qu'il s'agisse de la mollesse de la réponse européenne à la crise des migrants, du dogme de la rigueur budgétaire, des nouvelles règles destinées à améliorer la stabilité financière de la zone euro ou encore de la politique énergétique de l'Union.

De nombreux responsables italiens estiment qu'on ne réserve pas à l'Italie un traitement digne de son statut de membre fondateur.

A Bruxelles, l'attitude offensive venue de Rome ne laisse pas indifférent et on s'empresse de souligner que c'est l'Italie qui freine le plan visant à octroyer trois milliards d'euros à la Turquie en contrepartie du soutien de cette dernière à la politique migratoire de l'Union.

Rome réclame, de son côté, qu'on lui fournisse des éclaircissements sur ce projet défendu en novembre par la chancelière Angela Merkel.   Suite...