Bouygues-Orange discute cessions d'actifs avec ses rivaux-sces

vendredi 15 janvier 2016 16h17
 

PARIS, 15 janvier (Reuters) - Le projet de rapprochement dans les télécoms entre Bouygues et Orange a franchi une nouvelle étape avec le lancement de discussions informelles entre l'opérateur historique et ses rivaux Iliad et Numericable-SFR à qui il espère revendre des actifs, a-t-on appris de plusieurs sources au fait du dossier.

Après un premier échec en 2014, Bouygues et Orange ont officialisé au début du mois la reprise de leurs discussions en vue d'un mariage qui ramènerait à trois le nombre d'opérateurs sur le marché français des télécoms.

Si les discussions entre les deux acteurs avancent bien, l'opération est conditionnée par la revente d'actifs de Bouygues Telecom à des opérateurs rivaux en vue d'obtenir le feu vert des autorités de concurrence.

Les échanges, qui portent principalement sur la rétrocession d'une partie des fréquences, du réseau, des boutiques et de la clientèle de Bouygues Telecom, sont encore à un stade préliminaire mais ils devraient s'accélérer sous peu, ont précisé les mêmes sources.

Une décision sur le projet d'alliance pourrait intervenir d'ici la publication des résultats annuels d'Orange programmée le 16 février, ont indiqué deux des sources, tout en précisant que l'issue des négociations restait incertaine au vu de la complexité de l'opération.

"Tous les acteurs ont envie d'y arriver. Il y a le sentiment partagé que le train ne va sans doute pas repasser et que c'est probablement la dernière opportunité d'aboutir à une consolidation du marché", explique une source au fait des discussions.

Bouygues et Orange doivent aussi compter avec l'Etat, principal actionnaire de l'opérateur historique dont il contrôle 23%, pour faire aboutir une opération qui prévoit que Bouygues prenne une participation importante dans Orange, assortie d'un paiement en numéraire.

Selon deux sources, les pouvoirs publics souhaiteraient que la participation de Bouygues dans l'ancien monopole ne dépasse pas 10%. L'Etat français souhaiterait par ailleurs conserver ses trois représentants actuels au conseil.

Interrogé par Reuters, le ministère de l'Economie et des Finances n'a pas souhaité commenter ces informations.

"L'Etat français a vocation à rester l'actionnaire de référence d'Orange et à disposer d'une minorité de blocage", a précisé Bercy. (Gwénaëlle Barzic, Mathieu Rosemain, Matthieu Protard, Jean-Baptiste Vey, Arno Schuetze, édité par Jean-Michel Bélot)