Athènes accepte la participation du FMI-Dijsselbloem

jeudi 14 janvier 2016 16h44
 

par Jan Strupczewski et Francesco Guarascio

BRUXELLES, 14 janvier (Reuters) - La Grèce accepte que le Fonds monétaire international (FMI) soit partie prenante de son dernier plan d'aide, a déclaré jeudi Jeroen Dijsselbloem, président des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe).

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras avait dit en décembre que la présence du FMI dans ce plan de renflouement, le troisième depuis 2010, ne s'imposait et qu'il pouvait être géré par les seules autorités de la zone euro.

C'était sans compter sur l'Allemagne, qui fait de la participation du FMI une condition sine qua non, craignant que la Commission européenne soit trop coulante sur le chapitre des réformes que doit engager la Grèce.

"(Le ministre des Finances grec Euclide) Tsakalotos m'a confirmé que le gouvernement grec accepte que le FMI soit inclus dans le processus", a dit Dijsselbloem à la presse, avant que l'Eurogroupe ne se penche sur le dossier des réformes proprement dit.

Le FMI lie toutefois sa participation à cette aide qui pourrait atteindre 66 milliards d'euros à la mise en place d'une réforme des retraites en Grèce et à un reprofilage de la dette grecque.

"Pour être de la partie, le FMI a bien fait savoir qu'il veut une réforme des retraites exhaustive, un budget solide, un réel traitement des problèmes budgétaires, ainsi qu'une dette qui soit gérable; à ces conditions, il reviendra", a dit encore le président de l'Eurogroupe.

La Grèce a soumis aux institutions bruxelloises son projet de réforme des retraites la semaine dernière. Des responsables de la zone euro le jugent ambitieux et globalement acceptable, quoiqu'insuffisamment chiffré.

L'Eurogroupe ne discutera d'un allègement de la dette grecque qu'une fois acceptées les projets de réformes soumis par la Grèce conformément à son plan d'aide international.

Ce blanc seing pourrait intervenir en février, selon des hauts fonctionnaires européens. Dijsselbloem est moins optimiste: "Parlons de mois, plutôt que de semaines".

Certains remarquent que des élections législatives en Irlande et en Slovaquie dans les deux prochains mois risquent de retarder les débats sur la dette grecque car ni Dublin ni Bratislava ne veulent que le sujet n'influence le scrutin. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)