AB InBev lance sans difficulté un méga-emprunt de $46 milliards

mercredi 13 janvier 2016 21h28
 

NEW YORK, 13 janvier (Reuters) - Le géant de la bière AB InBev a lancé mercredi un emprunt obligataire de 46 milliards de dollars (42,3 milliards d'euros), le deuxième de l'histoire par son montant, une opération qui vise à financer en partie le rachat de SABMiller et qui a suscité une demande globale de 110 milliards auprès des investisseurs.

Comme attendu, le propriétaire des marques Budweiser et Stella Artois a été débordé par la demande pour cet emprunt, le premier de grande ampleur pour le marché de la dette d'entreprise en catégorie d'investissement aux Etats-Unis en 2016. Il peut ainsi se targuer d'avoir suscité le plus important livre d'ordres jamais constitué.

AB InBev et SABMiller se sont mis d'accord en octobre sur une offre de rachat valorisant SABMiller à 68 milliards de livres (92 milliards d'euros ou 104 milliards de dollars), afin de former un nouveau numéro un mondial de la bière.

Le succès de l'emprunt lancé mercredi devrait rassurer en partie les banques après le début d'année agité qu'ont vécu les marchés financiers.

"Il y a de la tension sur les marchés du crédit mais quand l'opération est bonne, les liquidités sont là, et InBev en est un bon exemple", a ainsi commenté Neil Sutherland, gérant de Schroders, interrogé par IFR.

"Les conditions indicatives ont été resserrées assez fortement mais la demande a quand même dépassé 100 milliards de dollars, alors que les actions baissent et que les actifs à risque sont à la peine."

Un membre du syndicat bancaire chargé de l'opération a estimé que l'emprunt d'AB InBev pourrait servir de référence pour de futurs emprunts importants, tout en ouvrant la voie à de nouvelles fusions-acquisitions.

L'emprunt d'AB InBev se compose de différentes tranches à taux fixes, à trois, cinq, sept, 10, 20 et 30 ans, ainsi que d'une tranche à taux variable à cinq ans. La tranche à taux variable à trois ans prévue initialement a été abandonnée.

Pour les tranches les plus importantes, à 10 et 30 ans, de 11 milliards de dollars chacune, les titres ont été mis à des rendements supérieurs de 160 et 205 points de base respectivement au-dessus de ceux des bons du Trésor de même échéance.

L'ampleur de la demande a permis de réduire les rendements de 15 à 35 points de base par rapport aux indications initiales.

(Mike Gambale; Marc Angrand pour le service français)