Entreprises-S&P plus optimiste pour la France que pour l'Europe

mercredi 13 janvier 2016 13h20
 

PARIS, 13 janvier (Reuters) - Standard & Poor's (S&P) se montre plus optimiste en 2016 pour les entreprises situées en France qu'en Europe globalement, en raison notamment d'une reprise attendue du secteur de la construction et d'une exposition moins forte aux marchés émergents, a indiqué mercredi l'agence de notation.

L'Europe est au milieu du gué sur le plan économique avec une situation qui s'améliore doucement tandis que les taux de défaut dans le "high yield" devraient passer de 1,5% en 2015 à 2,4% en Europe, contre 3,3% aux Etats-Unis.

Toutefois des risques demeurent, juge S&P citant le terrorisme, les tensions géopolitiques, l'évolution du prix des matières premières, la désinflation ou encore l'environnement réglementaire.

Si l'agence de notation se montre plutôt prudente pour les entreprises cette année au niveau européen, sa vision est en revanche plus positive pour la France.

"La construction devrait redémarrer un petit peu (...) On a une exposition à la Chine qui est moindre par exemple que nos voisins allemands (...) Sur les marchés émergents, on nous a suffisamment reproché de ne pas être assez présents", a déclaré Eric Tanguy, directeur chez S&P.

"Il y a deux côtés à une pièce. Ce que l'on nous a reproché notamment par rapport notamment au modèle allemand qui était très tourné vers les exportations, très bien positionné, et bien finalement c'est assez favorable", a-t-il ajouté.

Plus de 75% des perspectives de notation de l'agence (79%) sont stables, ce chiffre pourrait diminuer en raison des difficultés rencontrées par les secteurs pétroliers et miniers.

"Mais pour le reste, on est plutôt assez confiant, on est relativement stable et on note que l'on est mieux placé sur les sociétés françaises que sur d'autres pays européens", a indiqué Eric Tanguy.

S&P a également estimé que les opérations de fusion-acquisition (M&A) devraient avoir toujours autant d'impacts en France cette année avec un environnement favorable au M&A: pression sur les marges, hausse du dollar, baisse des prix du pétrole et des matières premières, faiblesse des coûts de financement.

Et l'agence de citer comme secteurs à surveiller dans ce domaine: les télécoms, les sociétés de services aux collectivités ("utilities"), les équipementiers et les groupes de biens de consommation. (Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot)