Vinci réclame l'expulsion des paysans de Notre-Dame-des-Landes

mercredi 13 janvier 2016 12h52
 

* L'expulsion, un préalable à la construction de l'aéroport

* Jugement le 25 janvier prochain

* La contestation ne faiblit pas

par Guillaume Frouin

NANTES, 13 janvier (Reuters) - Aéroports du Grand Ouest (AGO) a demandé mercredi au tribunal de grande instance de Nantes de prononcer l'expulsion de onze familles et quatre exploitations agricoles de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), un préalable indispensable à la construction de son projet d'aéroport controversé.

La filiale du groupe Vinci, concessionnaire du futur équipement, a réclamé leur expulsion immédiate, avec 200 euros par jour de retard et le recours éventuel aux forces de l'ordre. Elle a également demandé au juge d'ordonner la saisie des biens et des troupeaux des agriculteurs, et qu'il ne soit pas fait application de la trêve hivernale.

Le juge, qui a mis sa décision en délibéré, rendra son jugement le 25 janvier prochain.

La procédure d'expulsion pourrait être allongée de quatre mois, a-t-il prévenu, s'il acceptait de transmettre la Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) des avocats de la défense à la Cour de cassation, et que celle-ci faisait de même au Conseil constitutionnel.

"Aucune offre de relogement n'a été faite par AGO, ce qui est en contradiction avec le droit constitutionnel à un logement", a justifié Me Erwan Le Moigne, l'un des avocats des habitants de Notre-Dame-des-Landes.   Suite...