Les banques allemandes doivent agir face aux taux bas-BaFin

mardi 12 janvier 2016 20h16
 

FRANCFORT, 12 janvier (Reuters) - Les banques allemandes peuvent et doivent faire davantage pour contrer les effets de la faiblesse historique des taux d'intérêt sur leur rentabilité, a déclaré mardi le président de la BaFin, l'autorité fédérale du secteur.

Si la plupart des établissements disposent de réserves de capitaux suffisantes pour surmonter la période de taux bas, leurs profits risquent de baisser considérablement si cette période se prolonge, au point qu'une remontée des taux pourrait ne pas suffire à rétablir la situation, a dit Felix Hufeld à l'occasion de ses voeux.

"Les banques ont les moyens de contrer (les taux bas); elles devraient les utiliser", a-t-il dit.

Il a évoqué la possibilité de réduire les coûts et de modifier les modèles économiques pour développer les sources de revenus indépendantes du niveau des taux d'intérêt et il a estimé que les banques devaient s'assurer que leurs tarifs étaient appropriés, tout en renforçant leurs fonds propres de manière opportune.

"Ne rien faire et se contenter d'attendre que le spectre des taux d'intérêt bas soit passé reviendrait, au moins pour certaines banques, à une mort à petit feu", a-t-il ajouté.

La première banque allemande, Deutsche Bank, a déjà lancé une revue de sa stratégie et la deuxième, Commerzbank attend l'entrée en fonction de son nouveau président du directoire pour clarifier ses orientations.

La BaFin, a également dit Felix Hufeld, veillera à ce que les banques disposent des fonds propres suffisants pour couvrir les risques liés à l'évolution des taux d'intérêt, dans le cadre des procédures de supervision de la Banque centrale européenne (BCE).

La faiblesse des taux d'intérêt a aussi un impact important pour les assureurs vie allemands, qui ont l'obligation de constituer des réserves financières spécifiques pour assurer leur capacité à honorer les garanties accordées aux assurés.

Felix Hufeld a précisé que ces réserves avaient augmenté de plus de dix milliards d'euros l'an dernier pour atteindre plus de 32 milliards.   Suite...