Pékin prépare la reprise en main de sa supervision financière

mardi 12 janvier 2016 14h41
 

par Benjamin Kang Lim et Kevin Yao

PEKIN, 12 janvier (Reuters) - Pékin a franchi une étape importante en vue de reprendre en main le dispositif de contrôle des marchés financiers après une série de faux-pas qui ont miné la confiance des investisseurs dans la capacité des autorités chinoises à stabiliser leurs marchés financiers.

Le conseil d'Etat, l'équivalent du gouvernement, a mis en place un groupe de travail pour constituer en son sein une structure intérimaire de supervision du secteur financier avant la mise en place d'un "super régulateur", a dit une source proche de l'exécutif.

Le groupe de travail sera présidé par Xiao Jie, ancien vice-ministre des Finances et directeur de la législation fiscale et actuellement secrétaire général adjoint du conseil d'Etat.

Cette initiative intervient après les fortes turbulences du début de l'année sur le marché financier et sur la devise qui ont alimenté les interrogations sur l'adaptation de la strucuture actuelle de supervision des marchés pour assurer leur stabilité dans un contexte de ralentissement de l'économie.

"Les dirigeants sont très mécontents de la crise boursière. Une fusion des régulateurs peut prendre des années", a dit la source ajoutant que le risque associé à de tels délais a poussé l'exécutif à mettre en place une structure pouvant permettre d'accoucher d'une nouvelle institution chargée de la supervision unifiée du secteur financier.

Aucun représentant de l'exécutif n'a souhaité faire de commentaire.

L'idée d'un "super régulateur" qui coifferait les régulateurs chargés de l'assurance, des marchés financiers et de la banque respectivement, a commencé à être étudiée après le krach des actions chinoises de l'été dernier, en partie imputé à la mauvaise coordination entre les différents régulateurs.

Mais elle pourrait ne pas se matérialiser avant des mois voire des années.

Xiao Jie n'est impliqué dans aucune des institutions dont il doit renforcer la coordination et il ne sera donc pas suspecté de vouloir préserver les intérêts de l'une ou de l'autre.

La Banque populaire de Chine cherche elle aussi à renforcer son poids dans la supervision des marchés financiers chinois, au risque d'accroître les incertitudes sur d'éventuelles réformes réglementaires, ont dit d'autres sources proches du dossier. (Marc Joanny pour le service français, édité par Bertrand Boucey)