11 janvier 2016 / 13:41 / il y a 2 ans

LEAD 3-France-Les syndicats opposés à plus de flexibilité de l'emploi

* Hollande précisera son plan pour l‘emploi lundi prochain

* Les syndicats dénoncent le “lobbying” du patronat

* Séminaire formation-apprentissage fin janvier ou début février (Actualisé avec Valls et El Khomri)

PARIS, 11 janvier (Reuters) - Les syndicats reçus lundi par Manuel Valls ont dénoncé la précarisation de l‘emploi demandée selon eux par le patronat et insisté sur la qualité et le ciblage des 500.000 formations de chômeurs supplémentaires annoncées par François Hollande.

Le chef de l‘Etat, qui précisera lundi prochain son plan pour l‘emploi au Conseil économique, social et environnemental, a subordonné sa candidature à l‘élection présidentielle de 2017 à une baisse du chômage toujours pas en vue.

Ses annonces seront suivies d‘un séminaire sur la formation et l‘apprentissage fin janvier ou début février avec les partenaires sociaux et les régions. François Hollande y participera, a précisé Manuel Valls aux journalistes.

“Il faut aller plus loin, plus fort, plus vite pour lutter contre le chômage et notamment le chômage de longue durée et notamment le chômage qui est lié à l‘absence ou à la faible qualification des demandeurs d‘emploi”, a dit le Premier ministre à l‘issue des rencontres.

Le secrétaire général de Force ouvrière a dénoncé comme tous ses homologues l‘appel de six organisations patronales ou associations d‘entrepreneurs dimanche en faveur d‘un contrat de travail plus souple et dit qu‘il ne pensait pas que le gouvernement y répondrait favorablement.

“Je ne pense pas que ce soit dans l‘air du temps du côté du gouvernement”, a dit Jean-Claude Mailly, après sa rencontre avec le Premier ministre et la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

L‘exécutif a exclu à de nombreuses reprises de réexaminer la question du contrat de travail dans un avenir proche.

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a dénoncé le “lobbying” du patronat, en soulignant que 41 milliards d‘euros d‘aides aux entreprises avaient déjà été annoncés.

GATTAZ VEUT DÉBLOQUER LE MARCHE DU TRAVAIL

“J‘en ai assez aujourd‘hui d‘organisations patronales qui, mois après mois, font croire que ce serait en multipliant les mesures qui vont contre la sécurité des salariés qu‘on fera baisser le chômage”, a-t-il dit. “Il est hors de question de revenir sur le contrat de travail.”

Pour le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, “ce n‘est pas en favorisant les licenciements qu‘on va créer de l‘emploi”.

Le président du Medef, Pierre Gattaz, dont l‘organisation a signé l‘appel de dimanche, a tenu le discours inverse.

“Le marché du travail est bloqué en France. On a peur d‘embaucher parce qu‘on ne sait pas licencier, il faut régler ce problème une fois pour toutes”, a-t-il dit aux journalistes.

L‘idée est de préciser dans le contrat de travail ou “idéalement dans la loi” ce qui peut justifier un licenciement économique - par exemple une baisse du chiffre d‘affaires plusieurs trimestres de suite - afin que le licenciement ne puisse être contesté devant les prud‘hommes, a-t-il ajouté.

Les syndicats ont exprimé leurs réserves sur des projets du gouvernement, certains dénonçant notamment la barémisation des indemnités prud‘homales que Manuel Valls a confirmée lundi.

Le barème sera le même quelle que soit la taille de l‘entreprise, le niveau des indemnités dépendant de l‘âge du salarié et de son ancienneté, a précisé le président de l‘organisation patronale CGPME, François Asselin.

Ce barème, présenté comme un remède à la “peur d‘embaucher”, figurait dans la loi Macron mais avait été censuré par le Conseil constitutionnel en raison de la distinction qui était faite entre grandes et petites entreprises.

DES SYNDICATS DANS L‘ATTENTE DE PRÉCISIONS

Des syndicats ont par ailleurs critiqué la nouvelle aide à l‘embauche dans les petites et moyennes entreprises annoncée le 31 décembre par François Hollande, qui devrait donner des précisions lundi prochain.

Favorables aux annonces du chef de l‘Etat sur les 500.000 formations supplémentaires pour les demandeurs d‘emploi et le développement de l‘apprentissage, les représentants syndicaux n‘ont guère obtenu de précision.

Le futur plan de formations doit être “100% utile”, a dit Laurent Berger. “Il faut qu‘il s‘inscrive dans un parcours, avec un accompagnement vers le retour à l‘emploi, mais que les formations soient aussi inscrites dans des besoins réels des bassins d‘emploi et dans les besoins de l‘économie.”

“On attend de voir où sont les métiers en tension et où il y a besoin d‘emplois, pour l‘instant ce n‘est pas très précis”, a dit Philippe Martinez.

Manuel Valls a précisé qu‘une réunion des signataires du pacte de responsabilité serait organisée car “il est normal que chacun rende compte de ce qui a été engagé”.

La ministre du Travail a quant à elle déclaré que son projet de loi, qui doit réformer le Code du travail et développer le compte personnel d‘activité, serait présenté le 9 mars au conseil des ministres. (Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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