SALON-A Detroit, l'automobile célèbre une révolution qui reste à faire

lundi 11 janvier 2016 10h54
 

par David Shepardson et Paul Ingrassia

DETROIT, 11 janvier (Reuters) - Lorsque Barack Obama se rendra au salon automobile de Detroit le 20 janvier, un an jour pour jour avant la fin de sa présidence, il devrait se féliciter des changements qu'a connus le secteur aux Etats-Unis depuis son sauvetage financier par l'Etat fédéral en 2009. Pour autant, le marché est encore loin de l'essor des transports verts dont il rêvait à l'époque.

"Nous avons dit que le secteur automobile devrait vraiment changer, pas seulement prétendre qu'il l'a fait", a ainsi déclaré le président samedi dans son allocution radio-télé hebdomadaire, consacrée au salon de Detroit.

Les trois grands constructeurs américains sont certes en très bonne santé financière après une année 2015 marquée par des ventes et des profits records aux Etats-Unis, mais les véhicules électriques et hybrides n'y sont pour rien, le marché restant porté par les pick-up et les SUV ("sport utility vehicles") à la faveur de la chute des prix à la pompe.

Chez General Motors, pick-up et SUV ont ainsi représenté quasiment 70% des ventes l'an dernier. Et parmi les modèles dévoilés ce lundi figurent les nouvelles versions du pick-up vedette de Nissan, le Titan, et de celui de Honda, le Ridgeline.

Fiat Chrysler Automobiles, lui, présentera à Detroit la nouvelle déclinaison du monospace Pacifica, vendu certes dans une version hybride mais dont la motorisation essence devrait représenter l'essentiel des ventes. Et plusieurs modèles haut de gamme, donc gourmands en carburant, sont attendus au salon, comme la nouvelle Lincoln Continental de Ford ou la Hyundai G90, la nouvelle grande berline du constructeur sud-coréen.

Plus largement, alors que Barack Obama a fait de la réduction de la consommation de carburants fossiles l'un des piliers de sa politique en matière d'énergie et d'environnement, les ventes de voitures peu ou pas émettrices de gaz à effet de serre demeurent très faibles.

Alors que le président visait en 2011 un million de véhicules électriques sur les routes américaines à l'horizon 2015, il ne s'en est écoulé depuis que 490.000 environ, dont 115.000 en 2015, un chiffre en baisse de 6% par rapport à 2014. Et les constructeurs ont été contraints de baisser les prix et les prévisions de ventes de ces modèles.

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