Emploi-La CFDT dénonce la précarisation demandée par le patronat

lundi 11 janvier 2016 10h48
 

PARIS, 11 janvier (Reuters) - La CFDT a dénoncé la précarisation de l'emploi demandée selon elle par le patronat et insisté sur la qualité et le ciblage des 500.000 formations de chômeurs supplémentaires annoncées par François Hollande, lors d'une réunion lundi à Matignon.

Son numéro un, Laurent Berger, a été reçu le premier par le Premier ministre, Manuel Valls, et la ministre du Travail, Myriam El Khomri, à l'occasion d'une journée de discussion avec les partenaires sociaux, une semaine avant la présentation par François Hollande des détails du futur plan pour l'emploi.

Le chef de l'Etat, qui s'exprimera lundi prochain au Conseil économique, social et environnemental, a subordonné sa candidature à l'élection présidentielle de 2017 à une baisse du chômage toujours pas en vue.

Le futur plan de formations doit être "100% utile", a dit Laurent Berger à des journalistes après la rencontre.

"Il faut qu'il s'inscrire dans un parcours, avec un accompagnement vers le retour à l'emploi, mais que les formations soient aussi inscrites dans des besoins réels des bassins d'emploi et dans les besoins de l'économie", a-t-il ajouté.

Au lendemain d'un appel de six organisations patronales ou associations d'entrepreneurs pour notamment un assouplissement du contrat de travail, Laurent Berger a dénoncé ce "lobbying" alors que 41 milliards d'euros d'aides aux entreprises ont déjà été annoncés.

"J'en ai assez aujourd'hui d'organisations patronales qui, mois après mois, font croire que ce serait en multipliant les mesures qui vont contre la sécurité des salariés qu'on fera baisser le chômage", a-t-il dit.

"Il est hors de question de revenir sur le contrat de travail", a-t-il ajouté. "Il est hors de question pour la CFDT de faire payer le coût du chômage aux salariés."

Myriam El Khomri s'était déclarée samedi incapable de prédire si la baisse promise du chômage se produirait cette année : "Je ne suis ni la ministre des statistiques mensuelles ni celle des pronostics", a-t-elle dit. (Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)