Aramco mettrait en Bourse ses activités aval, non amont-sources

dimanche 10 janvier 2016 16h40
 

KHODAR, Arabie saoudite/DUBAI, 10 janvier (Reuters) - L 'Arabie saoudite envisage de mettre en Bourse ses participations dans des coentreprises de raffinage avec des compagnies pétrolières étrangères mais ne touchera pas aux activités d'exploration et de production du géant national Saudi Aramco, apprend-on auprès de sources bien informées.

Des managers d'Aramco ont été informés que le groupe envisage de mettre en Bourse des "filiales communes dans l'aval" en Arabie saoudite et à l'étranger, ont-elles précisé.

Une des options serait de créer une société holding qui regrouperait les participations dans les activités en aval, a indiqué une des sources. "Ce serait cette holding qui serait introduite en Bourse, pas Aramco elle-même", a dit ce responsable en demandant à ne pas être identifié pour des raisons politiques.

Le marché mondial de l'énergie bruisse de spéculations depuis que le vice-prince héritier Mohamed ben Salman a, dans une interview au journal The Economist, laissé la porte ouverte à une prochaine introduction en Bourse d'Aramco dans le cadre d'un programme de privatisations destiné à renflouer les caisses de l'Etat en cette période de prix bas du pétrole.

Aramco, la plus grande compagnie pétrolière du monde, a confirmé vendredi envisager diverses options parmi lesquelles une cotation en Bourse "d'un pourcentage approprié de ses actions et/ou de filiales en aval."

Ses réserves estimées d'environ 265 milliards de barils de pétrole, soit plus de 15% des réserves mondiales, en feraient en cas d'introduction en Bourse la première entreprise qui dépasserait les 1.000 milliards de dollars (920 milliards d'euros) de valorisation, estiment des analystes.

Mais plusieurs sources ont averti que la taille massive d'Aramco et son importance stratégique pour le royaume saoudien rendaient peu probable une ouverture du capital de sa maison mère. "Le gouvernement ne renoncera jamais au joyau de la couronne", a dit un banquier haut placé à Ryad.

Les autorités vont plutôt relancer des plans existants de cession d'actions dans le vaste empire pétrochimique d'Aramco, qui en lui même vaut des dizaines de milliards de dollars.

Un précédent existe déjà avec PetroRabigh, une coentreprise de raffinage et de pétrochimie dont Aramco et le japonais Sumitomo Chemical détiennent chacun 37,5% et qui a fait ses débuts à la Bourse de Ryad en 2008.

"La priorité numéro un est de mettre en Bourse l'aval, c'est comme un fruit qui ne demande qu'à être cueilli", commente Essam al-Zamel, un éditorialiste économique bien connu en Arabie saoudite.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dimanche auprès d'Aramco. (Reem Shamseddine, Celine Aswad et Rania El Gamal, Véronique Tison pour le service français)