LEAD 3-Catalogne-Mas annonce un accord, se retirera de l'exécutif

samedi 9 janvier 2016 23h11
 

MADRID, 9 janvier (Reuters) - Artur Mas, président indépendantiste sortant de la région de Catalogne, a annoncé samedi qu'il avait décidé de ne pas briguer un nouveau mandat, afin d'ouvrir la voie à la formation d'un gouvernement indépendantiste à la tête de la Généralité, après des semaines de blocage politique.

Les divergences entre les différentes organisations favorables à l'indépendance, victorieuses lors du scrutin régional du 5 septembre, avaient jusqu'à présent empêché la formation d'un nouvel exécutif. Une partie des indépendantistes, notamment certains membres de Candidature d'Unité populaire (CUP), étaient hostiles au maintien d'Artur Mas.

La CUP, petite formation de gauche au sein du bloc indépendantiste, a annoncé voici quelques jours qu'elle ne soutiendrait pas la candidature d'Artur Mas à un nouveau mandat en raison de profondes divergences sur des questions comme l'appartenance d'une Catalogne indépendante à l'Otan et à l'Union européenne.

Artur Mas, qui est président de la région depuis 2010, a décidé de laisser le champ libre à un autre candidat, Carles Puigdemont, maire de Gérone. Le journal espagnol El Pais rappelle samedi que dans un discours en 2013, Puigdemont avait déclaré qu'il "chasserait les envahisseurs de Catalogne", un camouflet adressé au gouvernement central espagnol.

"Je vais me mettre à l'écart. Je ne vais pas me présenter en tant que candidat de Junts pel Si (Ensemble pour le oui, principale coalition des mouvements séparatistes) à ma réélection comme président de la Catalogne", a dit Artur Mas devant la presse à Barcelone.

Le parlement de la Généralité doit se prononcer dimanche par un vote sur un nouveau candidat. Si aucun ne peut être élu d'ici lundi, de nouvelles élections régionales seront automatiquement organisées.

La Catalogne représente près d'un cinquième du PIB de l'Espagne.

Le Parti populaire (droite, formation du président du gouvernement Mariano Rajoy), arrivé en tête aux législatives du 20 décembre mais sans avoir la majorité au parlement, a réitéré samedi son appel en faveur d'un gouvernement de large coalition à Madrid pour éviter la fragmentation de l'Espagne. (Angus Berwick; Pierre Sérisier et Eric Faye pour le service français)