Lane (BCE) dit que le QE peut être amplifié si nécessaire

vendredi 8 janvier 2016 08h39
 

DUBLIN, 8 janvier (Reuters) - La Banque centrale européenne peut encore amplifier son programme d'assouplissement quantitatif (QE) si les indicateurs économiques des prochains mois donnent à penser que cela est nécessaire, a déclaré Philip Lane, nouveau membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

Nommé en novembre gouverneur de la Banque centrale d'Irlande, Philip Lane a participé en décembre à sa première réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, à l'issue de laquelle l'institut d'émission a annoncé une prolongation de six mois de son programme de rachats d'actifs. Cette annonce a déçu les investisseurs, qui attendaient une mesure plus spectaculaire pour soutenir l'activité et l'inflation dans la zone euro.

Faisant allusion à cette réunion, Philip Lane déclare dans une interview accordée à l'Irish Times et retranscrite vendredi sur le site internet de la Banque centrale d'Irlande: "A ce moment-là, de nombreux éléments montraient que le QE était efficace, qu'il contribuait à accélérer la croissance du crédit en Europe, à abaisser les taux d'emprunt dans certains pays."

"Mais il est important de dire qu'aucune porte n'a été fermée. Si la tendance des indicateurs au cours des prochains mois est qu'il faut faire plus, il est possible de faire plus", ajoute-t-il.

Au sujet des turbulences sur les marchés financiers chinois cette semaine, Philip Lane estime que la Chine dispose encore d'une grande marge de manoeuvre pour piloter la transition vers une économie davantage tirée par la consommation intérieure. Il juge qu'un ralentissement est inévitable pour une économie de cette taille.

"Les économies comme la Chine qui ont connu une longue période d'excédents commerciaux, qui possèdent de vastes réserves de changes, disposent de nombreux outils permettant de traiter le moindre problème susceptible d'émerger", dit-il.

"Alors que les économies comme le Brésil qui connaissent des déficits extérieurs et qui ont fondamentalement une forte dépendance à l'égard de la dette en devises étrangères sont bien plus vulnérables." (Padraic Halpin; Bertrand Boucey pour le service français)