ENCADRE-Les relations économiques entre l'Iran et l'Arabie saoudite

jeudi 7 janvier 2016 15h50
 

DUBAI, 7 janvier (Reuters) - L'Iran a annoncé jeudi l'instauration d'un embargo sur les importations de produits saoudiens qui témoigne de l'intensification des tensions avec l'Arabie saoudite, où des pressions s'élèvent pour que le royaume boycotte à son tour les produits iraniens.

La république islamique a pris la décision d'interdire les produits saoudiens à l'issue d'un conseil des ministres dirigé par le président Hassan Rohani, rapporte l'agence de presse officielle Irna.

Le gouvernement a également réaffirmé l'interdiction du pèlerinage de l'oumra à La Mecque, une source importante de revenus pour le royaume saoudien. Cette interdiction avait été décidée en avril après des accusations d'agression sexuelle portées par deux adolescents iraniens à l'encontre de policiers saoudiens. (voir )

Le commerce entre les deux pays pèse peu dans leurs économies respectives, mais Ryad tire d'importantes ressources du hadj, le pèlerinage annuel, et de l'oumra, ou petit pèlerinage, qui s'effectue tout au long de l'année.

L'Arabie saoudite a annoncé dimanche la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Iran après l'attaque de son ambassade à Téhéran dans la foulée de l'exécution d'un dignitaire chiite par la justice saoudienne.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al Djoubeir, a déclaré lundi à Reuters que le royaume interrompait le trafic aérien et ses relations commerciales avec Téhéran, même si aucune société saoudienne implantée en Iran n'a pour l'heure annoncé avoir modifié ses projets.

Savola, numéro un saoudien des produits d'alimentation, qui réalise 13% de son chiffre d'affaires en Iran, a dit vouloir y maintenir ses investissements.

Parallèlement, de nombreuses entreprises saoudiennes commerçant avec l'Iran sont visées par la pression de l'opinion publique, de nombreuses organisations de consommateurs et plusieurs fédérations d'entreprises réclamant un boycott des produits iraniens.

Des dirigeants d'une chambre de commerce ont déclaré au quotidien Al Ryad que les entreprises saoudiennes devaient remplacer les produits iraniens par des alternatives en provenance de pays arabes et islamiques.

Selon eux, un tel boycott n'aurait qu'un impact limité sur l'économie du royaume. Ils soulignent que l'Arabie saoudite importe surtout des pistaches et des cornichons. (Katie Paul et Bozorgmehr Sharafedin,; Nicolas Delame pour le service français)