France-Gattaz réclame "une loi d'urgence" pour l'emploi

mardi 5 janvier 2016 20h47
 

PARIS, 5 janvier (Reuters) - Le président du Medef réclame une "loi d'urgence" pour l'emploi "dès janvier ou février" en France et craint que le plan anti-chômage de François Hollande ne comporte "des demi-mesures conjoncturelles qui risquent de faire un flop".

Lors de ses voeux aux Français, le 31 décembre, le chef de l'Etat a notamment annoncé un programme de formation de 500.000 chômeurs aux métiers d'avenir et de nouvelles aides à l'embauche pour les PME. . Il devrait préciser ces mesures le 18 janvier lors de ses voeux aux forces économiques.

"A quoi bon former les chômeurs si on ne se donne pas les moyens de créer de l'emploi ? Il faut un électrochoc et un vrai traitement économique de l'emploi. Cela doit passer par une loi d'urgence dès janvier ou février qui envoie un signal fort aux entreprises mais aussi aux investisseurs étrangers", déclare Pierre Gattaz dans un entretien aux Echos diffusé mardi sur le site internet du quotidien économique.

"Le risque est qu'on reste, comme depuis 30 ans, dans un traitement social du chômage, avec des demi-mesures conjoncturelles qui risquent de faire un flop", déclare-t-il.

Constatant que "le marché du travail est bloqué, verrouillé", le président de l'organisation patronale plaide pour "un plan d'urgence économique comme il y a eu un plan d'urgence contre le terrorisme."

"La France est peut-être convalescente, elle est loin d'être guérie. Et ce n'est pas avec des mesures comme la pénibilité que cela va aller mieux", poursuit-il.

Le Medef propose pour alternative quatre mesures : des CDI sécurisés, "qui prévoient en amont les conditions de séparation", et des CDI de projets; la barémisation des indemnités prud'homales; des baisses de charges; la création d'un nouveau type de contrat de professionnalisation.

En remplacement de la future prime à l'embauche, Pierre Gattaz juge plus efficace un dispositif «zéro charge» sur les embauches de salariés dans les PME de moins de 250 salariés, et sur les alternants dans toutes les entreprises, "avec des exonérations totales les deux premières années puis une montée progressive sur cinq ans pour atteindre le taux normal." (Sophie Louet)