Alger dévoile son projet de réforme de la Constitution

mardi 5 janvier 2016 15h09
 

ALGER, 5 janvier (Reuters) - Le gouvernement algérien a dévoilé mardi son projet de réforme de la Constitution qui propose notamment de limiter le mandat présidentiel à deux quinquennats, d'imposer des consultations avec le Parlement pour la nomination des Premiers ministres et de donner au tamazight le statut de langue officielle.

L'avant-projet, présenté à la presse par Ahmed Ouyahia, le directeur de cabinet du président Abdelaziz Bouteflika, sera présenté dans le courant du mois au Parlement, dernière étape avant son adoption.

Il modifie notamment l'article 74 de l'actuelle Constitution en précisant que le président de la République, élu pour un mandat de cinq ans, n'est rééligible qu'"une seule fois".

La réforme propose aussi que le président nomme le Premier ministre après consultation de la majorité parlementaire.

L'arabe demeure la langue officielle de l'Etat, mais le tamazight, langue berbère, qui était déjà considéré comme "langue nationale", deviendrait aussi "langue officielle".

Cette révision de la Constitution, qui vise à consolider l'unité nationale et la démocratie et à renforcer l'Etat de droit, a été promise par Bouteflika.

Après son adoption la semaine dernière en conseil restreint, la présidence algérienne avait indiqué qu'elle approfondirait la séparation des pouvoirs en Algérie.

Des observateurs estiment que ces réformes pourraient aussi contribuer à une transition stable si Abdelaziz Bouteflika était contraint de quitter le pouvoir au cours de son quatrième mandat.

Victime d'un AVC en 2013, hospitalisé de longs mois en France, le président n'a pratiquement pas été vu en public depuis sa réélection, en avril 2014, à l'exception d'images diffusées par les médias officiels. (Hamid Ould Ahmed; Henri-Pierre André pour le service français)