E.ON réorganise ses activités en vue de sa scission

lundi 4 janvier 2016 11h46
 

FRANCFORT, 4 janvier (Reuters) - E.ON a mis en application le 1er janvier une réorganisation de ses activités qui marque un nouveau pas vers la scission d'une partie du groupe cette année, pour faire face à la crise en cours dans le secteur de l'énergie en Allemagne, qui a amputé ses bénéfices et fait chuter son titre à des plus bas record.

Le géant allemand des services aux collectivités a ainsi annoncé la séparation de ses centrales au charbon, au gaz et hydroélectriques, ainsi que de son négoce d'électricité, préparant le terrain à une cotation de la plus grande partie de cette entité, dénommée Uniper, au deuxième semestre 2016. Elle compte céder le reste du capital à moyen terme.

Les compagnies d'électricité allemandes souffrent de la concurrence croissante des énergies renouvelables, d'une chute des prix de gros de l'électricité et de la décision de l'Allemagne de renoncer à l'énergie nucléaire.

Dans ce contexte, E.ON a annoncé en 2014 son intention de se séparer de ces activités pour se concentrer sur les énergies renouvelables, les réseaux et les services.

"Cela nous libère de la nécessité d'avoir constamment à faire des compromis", a déclaré lundi le président du directoire Johannes Teyssen dans un communiqué. "Notre ambition est que les deux sociétés, qui seront bientôt indépendantes l'une de l'autre, deviennent des acteurs de premier plan dans leurs domaines respectifs de l'énergie."

Ce projet, qui doit encore être approuvé par les actionnaires lors d'une assemblée générale prévue le 8 juin, s'est heurté l'an dernier à l'obligation faite au groupe de garder ses centrales nucléaires, qu'il voulait initialement transférer à Uniper, dans la crainte qu'il ne cherche à éviter d'avoir à assumer le coût du démantèlement des installations.

Uniper a une capacité de production d'énergie de 40 gigawatts et est dirigé par Klaus Schäfer, président du directoire, qui a été directeur financier d'E.ON jusqu'au milieu de l'an dernier. (Christoph Steitz, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)