Abengoa espère s'entendre avec ses créanciers d'ici fin mars

mercredi 30 décembre 2015 17h36
 

MADRID, 30 décembre (Reuters) - La société spécialisée dans les énergies renouvelables Abengoa , qui tente d'échapper à ce qui constituerait la faillite la plus importante de l'histoire de l'Espagne, espère convaincre ses créanciers d'engager une restructuration de ses finances avant le 28 mars , date au-delà de laquelle elle sera contrainte de se déclarer insolvable.

Des sources au fait du dossier indiquent qu'une procédure de faillite, initiée dans le cadre d'un plan avalisé par les créanciers, pourrait permettre aux banques d'accepter une décote sur la dette, la conversion de créances en actions et d'offrir davantage de garanties pour de futures injections de liquidités.

Un tel accord permettrait aux créanciers de bénéficier de conditions plus favorables que si la situation s'embourbe jusqu'à la fin mars. Ils auraient ainsi le temps de restructurer la dette et de céder des actifs pour éviter d'avoir à déprécier la totalité de leurs créances sur Abengoa.

Les sources n'ont donné aucune précision sur les détails de ce programme de restructuration, les créanciers attendant que la banque Lazard, qui conseille Abengoa, leur soumette un plan d'ici à la mi-janvier.

D'après la loi espagnole, faute d'entente avec ses créanciers d'ici au 28 mars, Abengoa sera contraint de déposer le bilan.

Abengoa a signé la semaine dernière un accord avec des banques sur une ligne de crédit de 106 millions d'euros lui permettant de poursuivre ses opérations. Si un plan de réorganisation crédible est soumis aux créanciers, l'entreprise pourrait bénéficier d'injections de liquidités supplémentaires pour un montant de 100 millions d'euros.

L'entreprise a précisé mercredi qu'elle devait près de 5,5 milliards d'euros à des fournisseurs à la fin septembre, en plus des 8,9 milliards d'euros de dette nette annoncés le mois dernier. Le montant cumulé représente plus de 17 fois le résultat d'exploitation des neuf premiers mois de l'année.

(Jose Elías Rodríguez et Sonya Dowsett; Myriam Rivet pour le service français, édité par Marc Angrand)