Législatives en Espagne, sans doute la fin du bipartisme

dimanche 20 décembre 2015 08h18
 

par Julien Toyer et Angus Berwick

MADRID/VALENCE, 20 décembre (Reuters) - Les Espagnols se rendent aux urnes ce dimanche pour des élections législatives qui pourraient être les plus ouvertes depuis le rétablissement de la démocratie après la mort de Franco en 1975, et pourraient signer la fin du bipartisme avec l'émergence de deux nouveaux venus, Podemos à gauche et Ciudadanos au centre.

L'émergence de nouvelles forces politiques complique la formation de gouvernements stables et durables mais traduit le désir d'une partie de l'électorat -- c'est également le cas dans d'autres pays européens comme la France et le Portugal -- d'abandonner le schéma classique des alternances entre droite et gauche, au profit de partis considérés comme populistes.

Les sondages donnent en tête le Parti populaire (PP, droite) du président du gouvernement Mariano Rajoy, sans qu'il obtienne toutefois la majorité absolue.

Mercredi, Mariano Rajoy a évoqué une possible alliance avec d'autres formations pour assurer la stabilité politique pendant les quatre années de la prochaine législature mais les principaux partis de l'opposition excluent de participer à une coalition avec le PP.

En cas d'impasse, les analystes craignent que les incertitudes politiques n'entravent le programme de réformes économiques qui a permis de sortir le pays de la récession et de faire baisser le chômage qui reste toujours à un niveau préoccupant, à 21% de la population active.

Reste que de nombreux Espagnols voient dans ces élections une occasion de bousculer un système politique qu'ils jugent corrompu et inefficace.

"Le PP et les socialistes sont à bout de souffle. Ils ont fait des tas de promesses qu'ils n'ont pas tenues et j'espère que Podemos apportera enfin le changement", confie Cristian Ciudad, un poissonnier de 22 ans qui travaille sur le marché de Valence, dans le sud-est du pays.

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