Le Brésil un peu plus affaibli par sa dégradation par Fitch

mercredi 16 décembre 2015 17h12
 

par Alonso Soto et Marcela Ayres

BRASILIA, 16 décembre (Reuters) - L'agence Fitch Ratings a abaissé mercredi la note de la dette souveraine du Brésil dans la catégorie spéculative, à BB+ avec perspective négative, en raison de son enlisement dans la récession et de la crise politique illustrée par la procédure de destitution ouverte contre la présidente Dilma Rousseff.

Standard & Poor's a été la première agence à prendre une telle décision en septembre tandis que Moody's a engagé la semaine dernière un examen de la situation du Brésil en vue d'une possible dégradation en catégorie spéculative.

Des économistes ont prévenu qu'une deuxième dégradation après celle de S&P pourrait déclencher une fuite des capitaux car de nombreux fonds de pension et investisseurs étrangers doivent, selon leurs propres règles, se délester des titres dès lors qu'au moins deux agences les placent en catégorie spéculative.

Le real a perdu près de 2% à la suite de la décision de Fitch. La pression sur la devise brésilienne est d'autant plus forte que le dollar pourrait se raffermir en cas d'annonce probable mercredi d'une hausse des taux aux Etats-Unis.

Le ministre des Finances, Joaquim Levy, a qualifié cette nouvelle dégradation de la note souveraine du Brésil de "grave".

Dissimulant à peine son mécontentement quant à ses difficultés pour mettre en oeuvre des économies budgétaires, il a jugé que la décision prise par Fitch prouvait que le gouvernement ne faisait pas le nécessaire pour redresser les comptes publics. Il a gardé le silence lorsqu'il lui a été demandé s'il resterait à son poste.

Auparavant dans la journée, Joaquim Levy a dit se sentir "légèrement marginalisé" à la suite de la décision du gouvernement d'abaisser son objectif d'excédent budgétaire primaire pour 2016, de 0,7% à 0,5% du produit intérieur brut (PIB).

Fitch a expliqué la dégradation de la note du Brésil par ses inquiétudes quant au gonflement du déficit budgétaire, que le gouvernement ne parvient pas à réduire en raison notamment de la baisse des recettes fiscales, conséquence du plus fort ralentissement économique subi par le pays depuis un quart de siècle.

Le Brésil traverse en outre une crise politique réduisant la marge de manoeuvre de Dilma Rousseff, d'autant que la coalition au pouvoir est ébranlée par le scandale de corruption centré sur la compagnie pétrolière publique Petrobras. (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison)