Les fintechs n'ont pas encore "ubérisé" les banques, estime S&P

mercredi 16 décembre 2015 16h35
 

PARIS, 16 décembre (Reuters) - Les fintechs n'ont pas encore bouleversé le secteur financier au point de poser une menace sur la solvabilité des banques mais ces dernières ont intérêt à surveiller de près l'émergence des start-ups innovantes, estime mercredi S&P dans une étude.

"Pour le moment, nous voyons les fintechs comme le nouveau concurrent dans le secteur, mais pas encore comme un changement des règles du jeu pour la notation (de crédit, ndlr) des banques", explique l'agence de notation.

"Pour cette raison, ce n'est pas encore un facteur négatif pour la notation à notre horizon, qui est généralement de deux ans", ajoute S&P.

L'avenir dépendra de la manière dont les banques réagiront à la concurrence et aux failles de leur modèle économique, mais aussi de la manière dont les régulateurs décideront d'encadrer les fintechs, argue l'agence de notation.

Plates-formes de prêts entre particuliers, "robots" proposant une gestion algorithmique de l'épargne ou encore nouveaux systèmes de paiement, les fintechs investissent de plus en plus de pans de la finance.

Redoutant cette nouvelle concurrence qui monte en puissance, les banques, notamment françaises, ont développé à la fois les partenariats et les rachats d'entreprises innovantes.

Boursorama, la banque en ligne de Société générale, a notamment racheté en mars Fiduceo, un agrégateur de comptes bancaires et de facturation, et d'autres établissements bancaires multiplient les achats.

En septembre, Crédit Mutuel Arkéa a racheté la cagnotte en ligne Leetchi, suivi en octobre par BPCE avec l'acquisition de lepotcommun.fr. (Julien Ponthus, édité par Matthieu Protard)