Les fonds souverains pétroliers à la peine avec la chute du brut

lundi 14 décembre 2015 18h05
 

par Gwladys Fouche et Claire Milhench

LONDRES, 14 décembre (Reuters) - La chute des cours du pétrole contraint les fonds souverains des pays producteurs à puiser dans leurs réserves pour assurer les fins de mois de leurs Etats alors que le rendement de leurs investissements ne suffit pas à compenser la chute de leurs rentrées.

Certains doivent même céder des actifs faute de trésorerie, ce qui fait craindre l'enclenchement d'un cercle vicieux si le processus devait s'accélérer et entraîner les prix des actions et d'autres actifs à la baisse.

Au cours des deux dernières décennies, les fonds souverains ont vu leurs actifs progresser spectaculairement pour atteindre 7.000 milliards de dollars, selon la banque d'investissement Morgan Stanley.

Ceux dont les ressources dépendent principalement des exportations de pétrole de leur pays comme en Arabie saoudite, en Russie ou en Norvège, sont doublement pénalisés.

Le cours du baril de Brent a chuté de près de 70% depuis juin 2014 à moins de 37 dollars le baril, amputant les revenus pétroliers des pays producteurs.

Dans le même temps, la faiblesse de la croissance mondiale et la baisse de l'ordre de 20% de certaines classes d'actifs comme les actions émergentes impliquent que certains fonds ne peuvent dégager des rendements suffisants pour compenser les conséquences de la chute des cours du brut sur leurs revenus.

"Un fonds souverain qui dégage un rendement supérieur à 6% s'en sort bien", a dit un gestionnaire d'actifs qui a requis l'anonymat. Même le fonds souverain de Singapour, GIC, dont les revenus ne dépendent pas de la vente de matières premières ou d'énergie, anticipe un rendement de ses investissements inférieur sur les cinq à 10 prochaines années.

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