December 11, 2015 / 2:41 PM / 2 years ago

Migrants-La Grèce favorable à une garde-côtes européenne

3 MINUTES DE LECTURE

par Karolina Tagaris

ATHENES, 11 décembre (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a accueilli favorablement vendredi la proposition de créer une agence européenne chargée de la surveillance des frontières maritimes de l'Union, alors que son pays est confronté depuis plusieurs mois à un afflux massif de migrants.

Cette proposition a été avancée à l'origine par la France et l'Allemagne, inquiètes de l'incapacité de la Grèce à contrôler l'arrivée de centaines de milliers de migrants dans les îles de la mer Egée.

Reprenant cette idée, la Commission européenne propose qu'une future garde-côtes européenne puisse être déployée le long des frontières maritimes d'un Etat membre même si les autorités de ce pays ne l'ont pas demandé.

Actuellement, Frontex, l'agence chargée de la coordination de la surveillance aux frontières extérieures de l'UE, ne peut intervenir dans un pays sans y être invitée par le gouvernement concerné.

La Grèce et l'Italie, toutes deux en première ligne face au flot de réfugiés venant du Proche-Orient ou d'Afrique, ont été jusqu'ici très réservées, pour des questions de souveraineté nationale, sur un renforcement du contrôle des frontières par l'UE.

Pas De Patrouilles Avec La Turquie

L'accueil réservé par Alexis Tsipras à la proposition de garde-côtes européenne constitue donc une concession importante faite par la Grèce à Bruxelles et à Berlin.

"La garde-côtes européenne est la bienvenue", a dit le Premier ministre au Parlement. Il a cependant souligné que la Grèce restait en dernier lieu responsable de la garde de ses frontières et a redit son opposition à des patrouilles maritimes conjointes avec la Turquie.

La police grecque a évacué mercredi vers Athènes des centaines de migrants bloqués depuis trois semaines à la frontière avec la Macédoine, où ils entravaient le trafic ferroviaire.

Environ 2.300 personnes, la plupart originaires du Maroc, du Pakistan, d'Algérie et de Somalie, ont été conduites vers un complexe sportif et des bâtiments désaffectés de l'ancien aéroport d'Hellinikon à Athènes. Ces migrants ont trente jours pour quitter le pays. S'ils sont toujours en Grèce passé ce délai, ils seront arrêtés et expulsés.

Des échauffourées ont éclaté jeudi soir entre groupes de différentes nationalités dans le centre sportif proche d'Athènes et ont fait trois blessés légers, a-t-on appris de source policière.

Dans une lettre au gouvernement, quatre maires de la banlieue d'Athènes ont dénoncé la présence de ces "lieux d'accueil permanents pour immigrés illégaux". "Nous y sommes catégoriquement opposés (...) Nous ne permettrons pas que l'ancien aéroport (d'Hellinikon) devienne un espace de vie pour des migrants économiques", écrivent-ils notamment.

Le ministre grec chargé de l'Immigration, Yannis Mouzalas, a assuré jeudi que ces centres d'accueil n'étaient que provisoires et que le complexe sportif serait vidé d'ici le 17 décembre. (Guy Kerivel pour le service français)

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